L'Angleterre va devoir faire son autocritique

le
0
L'Angleterre va devoir faire son autocritique
L'Angleterre va devoir faire son autocritique

En manque de joueurs de caractère et d'expérience, l'équipe d'Angleterre a également pâti d'une politique de sélection excluant d'emblée les joueurs évoluant à l'étranger. Après la débâcle face au pays de Galles et à l'Australie, le sélectionneur Stuart Lancaster est plus que jamais en sursis.

Le XV de la Rose parviendra-t-il à se relever après un tel camouflet ? Eliminée sans gloire de « sa » Coupe du monde après deux défaites en trois matchs, l’Angleterre quitte la compétition avec un bien triste « honneur » : celui d’être le premier pays hôte à être éliminé d’un Mondial au stade de la phase des poules. Pire, jamais depuis la création de la Coupe du monde en 1987 l’Angleterre n’avait quitté la compétition avant les quarts de finale ! Certes, rien ne pouvait réellement présager une telle humiliation. Pourtant, les raisons ne manquent pas pour expliquer une telle débâcle.

Une équipe sans leader et sans expérience

Force est de constater que ce XV de la Rose ne manque pas de talents à l’image de Mike Brown, Jonny May, Jonathan Joseph, Anthony Watson, George Ford ou encore Ben Youngs, Courtney Lawes, voire Sam Burgess. Mais cette équipe manque aussi de joueur de grande classe internationale, capable de faire basculer un match à lui tout seul. Il lui manque aussi un leader charismatique, sur et en dehors du terrain, capable de galvaniser ses troupes ou apporter le sang-froid nécessaire pour tuer un match. Un leader comme pouvait l’être, par le passé Jonny Wilkinson, Martin Johnson ou encore Dylan Hartley. Outre l’absence de leader, cette équipe anglaise a également manqué de caractère, de sens de la révolte et, surtout, d’expérience des matchs de très haut niveau. En misant sur de jeunes joueurs après avoir fait table rase des joueurs présents en 2011, le sélectionneur Stuart Lancaster et son staff se sont en effet privés d’éléments capables de gérer des rencontres avec un tel enjeu et une telle pression populaire et médiatique !

Une politique de sélection contestable

Difficile à l’heure d’évoquer l’humiliation subie par le XV de la Rose de passer sous silence la politique de sélection mise en place par la Fédération anglaise (RFU) après la Coupe du monde 2011. Son règlement interdit en effet au sélectionneur de faire appel à des joueurs évoluant à l’étranger. Une politique mise en place pour « protéger la santé du rugby anglais à court, long et moyen terme » et, surtout, pour contrer l’exode des joueurs anglais vers des championnats étrangers, et notamment le championnat français. Résultat : la sélection anglaise s’est volontairement passée des services du Toulonnais Steffon Armitage ou du Clermontois Nick Abendanon, pourtant chacun désigné meilleur joueur européen ces deux dernières années ! « C’est la politique de la RFU de tout faire pour que ce genre de joueurs jouent dans notre championnat », a sobrement commenté Stuart Lancaster à l’issue de la rencontre contre l’Australie. Après cette débâcle, la RFU va sans doute devoir, elle aussi, faire son auto-critique et revoir son mode de sélection afin de mettre sur pied l’équipe la plus compétitive possible.

Lancaster en sursis ?

Au lendemain de l’échec cuisant des Anglais, sans surprise, le sélectionneur Stuart Lancaster est en première ligne pour subir le feu nourri des critiques. Son avenir à la tête de la sélection nationale est de plus en plus incertain, même si son contrat, renouvelé l’année dernière, court jusqu’en 2019, soit après la Coupe du monde au Japon. Pas sûr pourtant que Stuart Lancaster soit du voyage au pays du Soleil Levant. « J’assume pleinement la responsabilité de cet échec, n’a pas caché Stuart Lancaster. On est en train de tirer toute les conclusions de cette défaite mais pas encore en ce qui me concerne à titre personnel. Mon objectif est que l’équipe soit prête pour affronter l’Uruguay. C’est ma priorité. » Pour l’heure, la Fédération anglaise entend également calmer le jeu. « Il n’y aura pas de réaction hâtive à la performance de l’Angleterre dans cette Coupe du Monde, a ainsi déclaré Ian Ritchie, le directeur exécutif de la RFU ce dimanche. Des leçons seront tirées de ces résultats de manière calme, transparente, rationnelle et rigoureuse, en prenant le temps, après le tournoi. » Une chose est certaine : le bilan de Lancaster ne plaide pas en sa faveur. Depuis sa nomination à la tête du XV de la Rose fin 2011, l’équipe d’Angleterre n’a gagné que 27 matchs sur 45 rencontres jouées, soit un maigre 60% de victoires. Surtout, les Anglais n’ont remporté aucun Tournoi des VI Nations depuis sa prise de fonction. Et il restera, à jamais, le sélectionneur qui dirigea l’équipe qui a connu le plus gros échec du rugby anglais ! C’est sans doute trop pour un seul homme.

Thomas CARLAT

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant