L'Angleterre, le Brexit et le gros Sam

le
0
L'Angleterre, le Brexit et le gros Sam
L'Angleterre, le Brexit et le gros Sam

Suite à la déroute de Roy Hodgson, les supporters anglais espéraient du lourd. À la place d'Arsène Wenger, ils se retrouvent pourtant avec Sam Allardyce, symbole de l'Angleterre du milieu. Et si ce n'était pas une si mauvaise idée ?

Le lendemain du vote du Brexit, l'Angleterre du haut s'affole. Courtiers de la City, et lecteurs du Guardian n'en reviennent pas. Dans leur monde, personne n'avait vu le vote leave se profiler. Dans la rue, le son de cloche est différent. Près de l'Emirates Stadium, Nick vide des demis dans un pub Wetherspoon, chaîne de bars connue pour ses moquettes vives et ses prix très bas. Il philosophe : " L'un des côtés fun du football c'est de voir les styles de jeu des différents pays. Voir comment les Allemands jouent et comment un autre style de jeu peut les battre. Si cela devient totalement international, tu perds cette dimension". Non loin, Julie et Clint, un couple de retraités de Stoke-on-Trent raconte avoir opté pour la sortie. Pour le bien du pays, mais aussi de son football : " On était beaucoup plus performants avant d'intégrer l'UE. Et regarde maintenant. Je pense qu'on doit retourner à la manière de jouer qu'on avait dans le passé. Retourner aux racines ".


Si la logique est suivie, Nick, Julie et Clint ont sans doute accueilli avec gaieté la nomination de Sam Allardyce à la tête des Three Lions. Big Sam, sa machoire carrée, sa panse tendue et sa carrière de joueur dans la boue, c'est l'Angleterre. Pas celle des romans victoriens et des services à thé en porcelaine. L'Angleterre de Hercule Poirot, c'était plutôt Roy Hodgson : polyglotte, amateur de whisky et de Philip Roth. Le gros Sam, c'est l'Angleterre moyenne. L'Angleterre du Brexit.

Fish fingers, coup de foudre et sacs de golf


Le Brexit, tout le monde le voyait venir à Dudley, West Midlands. La cité natale du petit Samuel a décidé de larguer les amarres à une écrasante majorité, tout comme Bolton, Blackpool, Blackburn et Sunderland, villes figurant toutes au CV de manager d'Allardyce. Si hormis quatre récentes années à West Ham, Big Sam traîne son mètre 91 dans l'Angleterre industrielle, c'est parce qu'il y est chez lui. Pure produit de la working class, celui qui est aujourd'hui connu pour célébrer ses victoires à coups de fish fingers grandit dans un HLM de la cité d'Old Park Farm, sans frigo ni chauffage central. Sa…





Lire la suite de l'article sur SoFoot.com

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant