L'Angleterre domine l'Europe

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En réalisant le Grand Chelem treize ans après, l'Angleterre a rajouté une nouvelle grande ligne à son palmarès déjà bien garni. Malgré un bon Tournoi, le pays de Galles termine à la deuxième place. L'Irlande et la France suivent mais marquent le pas tandis que l'Ecosse est en progression. Enfin, l'Italie est une nouvelle fois cuillère de bois.

Sa majesté le XV de la Rose a retrouvé de sa superbe. Après un Mondial traumatisant, terminé à l'issu de la phase de poules, l'Angleterre a déjoué les pronostics en réalisant le Grand Chelem. L'arrivée d'Eddie Jones et de son staff n'est pas étrangère à ce résultat. Le technicien australien a lavé les têtes anglaises en ajoutant une pincée de sang neuf dans ses rangs. Le deuxième ligne Itoje en est le symbole. Véritable révélation de ce Tournoi des VI Nations 2016, il a ébloui de par ses performances et par sa maturité les terrains d'Europe lors des trois déplacements de l'Angleterre. La nomination de Dylan Hartley en tant que capitaine a déchargé d'un poids, et ressuscité, Chris Robshaw. La conquête et le pragmatisme britannique ont fait le reste. En s'appuyant sur une grande partie de l'effectif mondialiste mais lavé de ses cauchemars, le magicien Eddie Jones a réussi son pari. Comme la Fédération anglaise.

Le pays de Galles sur sa lancée

Warren Gatland et ses joueurs sont restés sur leur lancée de la dernière Coupe du monde. Tombés en quart de finale face à l'Afrique du Sud, les Gallois ont su se remobiliser. Solide en conquête, que ce soit en touche ou en mêlée, le pays de Galles aurait pu prétendre à mieux lors de cette édition 2016. Le match nul lors du premier match contre l'Irlande aurait très bien pu être une victoire. Il laissera des regrets tout de même tout comme la fin de match à Twickenham. Grâce à son carton face à l'Italie dans le dernier match (67 points inscrits), le XV du Poireau termine en ayant remporté la plus large victoire du Tournoi. Mais surtout, les joueurs de Warren Gatland finissent avec la meilleure attaque grâce à 17 essais, deux de plus que l'Angleterre. Très discipliné (aucun carton jaune ni rouge reçu), le pays de Galles mérite sa deuxième place.

Le patient irlandais

C'est l'une des déceptions de ce Tournoi 2016. On attendait mieux de l'Irlande tenante du titre. Joe Schmidt, qui a pris les rênes du XV du Trèfle depuis 2013, aussi. Mais son équipe a été beaucoup trop inconstante pour espérer mieux, alternant deux visages comme lors du match nul inaugural face au pays de Galles. Avec deux défaites, en Angleterre et en France, et deux victoires, contre l'Ecosse et l'Italie, l'Irlande a réalisé un Tournoi moyen. Solides sur leurs fondamentaux, malgré de nombreuses blessures, les joueurs de Joe Schmidt ont terminé avec la troisième meilleure attaque. Point positif, les coéquipiers de Sexton ont la deuxième défense du VI Nations avec 90 % de leurs placages réussis (sur 766 en tout).

L'Ecosse poursuit sa progression

C'est le Tournoi de la confirmation pour le XV du Chardon. Les joueurs de Vern Cotter ont su poursuivre les belles intentions entrevues lors du Mondial anglais. Eliminé injustement par l'Australie en quart de finale après un superbe match, l'Ecosse poursuit sa progression. En témoigne les victoires en Italie et face au XV de France, qu'elle laisse derrière elle au classement. Le succès contre l'équipe de France a mis fin à dix années sans victoire contre les Bleus. Depuis sa prise en main par l'ancien entraineur de Clermont, le XV du Chardon ne cesse de s'améliorer, à l'image de Stuart Hogg. Le jeu offensif proposé laisse place à l'initiative mais l'Ecosse a encore une marge de progression. Très indisciplinés (quatre cartons jaunes reçus), les Ecossais devront confirmer.

Le chantier français

Le staff de l'équipe de France l'avait annoncé en préambule de cette édition 2016, les Bleus sont en reconstruction. Et c'est le moins que l'on puisse dire. Les joueurs de Guy Novès ont montré deux visages. L'un séduisant, par son jeu offensif, et l'autre moins, par son inconstance. Car c'est bien ce mot qui qualifie les prestations du XV de France sur ces cinq matchs. Les Français n'ont pas livré un seul match abouti de bout en bout. Défaillants en conquête et en défense, contre l'Ecosse et l'Angleterre, les Bleus terminent à une cinquième place somme toute logique. Mais les coéquipiers de Guilhem Guirado, le meilleur joueur français du Tournoi, ont une belle marge de progression à l'image de Vakatawa ou de la jeunesse lancée lors ce VI Nations (Bézy, Jédrasiak, Poirot, Camara …). Il faudra du temps, et de la patience, pour que cette équipe soit homogène et mature.

L'Italie, abonnée à la cuillère de bois

La fin du mandat de Jacques Brunel s'est terminé sur une lourde défaite. Une triste sortie pour le technicien français qui s'est investi corps et âme dans ce défi depuis quatre ans. L'Italie se classe dernière de cette édition 2016 et décroche sa sixième cuillère de bois depuis son intégration dans le Tournoi. Mais pouvait-elle l'éviter ? Pas si sûr. Malgré une conquête à peu près correcte et une volonté d'envoyer du jeu, la Squadra Azurra reste limitée. Le vivier italien n'est pas très profond et dès que les blessures s'enchainent, il est difficile pour l'Italie d'exister face aux cinq autres nations. Seul le match face à la France a été à la portée du fusil transalpin. Pire attaque et défense du Tournoi, il y a peu de satisfaction à ressortir de ces cinq matchs si ce n'est les prestations de Sergio Parisse et de Michele Campagnaro.

Jordi DEMORY

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