L'Andorre met un ski dans les Pyrénées françaises

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Andorre se met au ski. Enia/shutterstock.com
Andorre se met au ski. Enia/shutterstock.com

(AFP) - L'Andorre pointe le bout des skis dans les Pyrénées françaises: l'exploitant de Granvalira, plus grande station du massif, prend les rênes de la station de Gavarnie-Gèdre (Hautes-Pyrénées) avec de grandes ambitions pour ce site classé par l'Unesco.

PGI Management via sa filiale Ski Resort International est arrivé à Gavarnie à la faveur d'un désengagement d'Altiservice, filiale de GDF-Suez, gestionnaire de la station de 2004 à 2012.

"C'est un cadre exceptionnel, on souhaite en faire une destination unique. Gavarnie en a les atouts. Il n'y a pas beaucoup de stations de ski qui sont patrimoine mondial de l'Unesco..." lance le directeur de Ski Resort, Vincent Tassart, qui mise beaucoup sur le pouvoir d'attraction du majestueux Cirque de Gavarnie, dans le Parc national des Pyrénées.

Ski Resort International s'est engagé pour la saison 2012/2013 mais compte s'investir dans la durée, prévient le directeur de la station de Gavarnie, Christophe Fabre, à condition que le projet de création d'une résidence hôtelière haut de gamme de 1.500 lits voie le jour.

Un opérateur étranger prenant le contrôle d'une station, c'est une première dans les Pyrénées françaises.

Pour la Confédération pyrénéenne du tourisme, c'est une chance pour Gavarnie (1.850-2.400 mètres), station réputée pour son bon enneigement, son charme de petite station, mais aussi sa faible capacité d'hébergement (2.000 lits).

Après avoir accueilli en février 2012, pour la première fois de son histoire, des épreuves dames de la Coupe du monde de ski, à Soldeu (Granvalira), Andorre a une expertise appréciée sur la planète ski. Ski Resort International est en pleine expansion.

Outre Gavarnie, la filiale de Pas Grau Internacional Management est implantée après 3 ans d'activité dans les stations d'El Calafate (Patagonie, Argentine), de Shahdag (Azerbaïdjan), Kayseri (Cappadoce, Turquie). La création d'une station en Bulgarie est en cours et des contacts sont pris en Roumanie.

Le défi est de faire exister Gavarnie-Gèdre, village de 160 habitants, dans l'univers des stations de sports d'hiver des Pyrénées, car pour beaucoup de gens, ce n'est pas une station de ski. Sur le million de visiteurs annuels, 20% seulement s'y rendent en hiver.

Le maire de Gavarnie (160 habitants), Christian Bruzaud, regarde avec gourmandise le "réseau de clientèle internationale" des Andorrans et décrit sa station comme "un petit Chamonix, berceau du pyrénéisme".

Il prévoit que les travaux de terrassement de la résidence tant attendue débuteront en 2013. Un groupe bordelais de promotion immobilière fait partie des investisseurs. Des recours déposés par des associations écologistes ont retardé le projet et dissuadé Altiservice de poursuivre l'aventure. La pilule a été dure à avaler pour Christian Bruzaud, mais la voie est libre désormais, assure-t-il. Il envisage de relier la résidence à la station avec des navettes électriques, clin d'oeil aux écologistes.

Le nouveau directeur de Gavarnie-Gèdre, Christophe Fabre, met en avant le rôle moteur de la station dans des zones isolées. "Certains se battent contre la fermeture d'usines en ville, nous on lutte pour maintenir nos stations dans les Pyrénées. A la vue des comptes, un comptable voudrait fermer les petites stations, mais un euro investi en remontées mécaniques génère 7 euros dans l'économie locale (hébergement, restauration, location de matériel, loisirs)", calcule-t-il. L'activité ski à Gavarnie, c'est 45 emplois directs en saison, et 250 emplois indirects.

L'idée n'est pas de dupliquer ce qui existe dans les stations voisines de Hautacam, Grand Tourmalet ou Cauterets, mais d'attirer de nouveaux skieurs pour qui le Cirque de Gavarnie fera la différence. Gavarnie est aussi une référence pour l'escalade sur glace, le ski de randonnée.

"Le tourisme de demain n'est pas celui d'aujourd'hui. Le tout-ski c'est fini. Il faut repenser le ski et le tourisme dans sa globalité", plaide Christophe Fabre. "Le potentiel est réel, transformer ces atouts, c'est un autre challenge", conclut M. Tassart.

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