L'ancien président khmer rouge nie tout génocide au Cambodge

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    par Prak Chan Thul 
    PHNOM PENH, 23 juin (Reuters) - L'ancien président khmer 
rouge Khieu Samphan a nié vendredi tout génocide au Cambodge 
sous le régime de Pol Pot au terme de son procès devant la 
justice cambodgienne. 
    Khieu Samphan, 85 ans, est jugé depuis janvier 2015 avec 
Nuon Chea, 90 ans, ancien "frère numéro deux" du régime, pour 
crimes contre l'humanité et génocide devant les Chambres 
extraordinaires au sein des tribunaux cambodgiens.  
    Ces tribunaux soutenus par les Nations unies ont été créés 
spécialement pour juger les principaux dirigeants encore en vie 
du régime communiste qui a régné sur le pays entre 1975 et 1979 
et causé la mort d'environ 1,7 million de personnes.  
    Pol Pot, "frère numéro un", est mort en 1998 sans avoir été 
jugé. 
    "Le terme de meurtre, je le rejette catégoriquement", a 
déclaré Khieu Samphan devant la cour lors de la dernière 
audience consacrée aux réquisitions et plaidoiries finales.  
    "Les dirigeants de la République populaire du Kampuchéa 
n'ont pas exterminé leur peuple. Quel intérêt auraient-ils eu à 
le faire?" 
    Khieu Samphan et Nuon Chea ont déjà été reconnus coupables 
de crimes contre l'humanité lors d'un premier procès et 
condamnés à une peine de réclusion à perpétuité en 2014.  
    L'ancien président khmer rouge a réaffirmé que le Vietnam, 
qui a mis fin au régime en 1979, avait inventé l'idée d'un 
génocide pour justifier son invasion du Cambodge, "avec la 
bénédiction des dirigeants cambodgiens actuels".  
    "Le Vietnam n'a jamais coopéré avec ce tribunal et a inventé 
l'idée inacceptable du génocide cambodgien", a-t-il dit.  
    Les purges sanglantes menées au sein du mouvement khmer 
rouge à la fin des années 1970 ont conduit de nombreux membres à 
fuir vers le Vietnam avant de revenir avec l'armée vietnamienne 
en décembre 1978 et renverser Pol Pot et ses lieutenants, qui se 
sont alors réfugiés à la frontière avec la Thaïlande. 
    La plupart des victimes du régime khmer rouge sont mortes de 
faim, de torture, d'épuisement ou de maladie dans les camps de 
travail ou exécutées à coups de bâton dans les "champs de la 
mort".  
    Selon Khieu Samphan, les détenus devaient travailler en 
raison "du besoin immédiat de résoudre le problème de la faim". 
"Est-ce quelque chose de criminel? Bien sûr que non." 
    Nuon Chea n'était pas présent à l'audience de vendredi en 
raison de "douleurs au dos". Il a suivi les débats via un lien 
vidéo.  
    Son avocat, Victor Kopper, a déclaré que le procès de son 
client n'était qu'un "procès spectacle destiné à servir les 
intérêts des agresseurs américains et vietnamiens".  
 
 (Jean-Stéphane Brosse pour le service français) 
 
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