L'ancien Premier ministre israélien Ariel Sharon est mort

le
2
ARIEL SHARON EST MORT
ARIEL SHARON EST MORT

par Dan Williams

JERUSALEM (Reuters) - L'ancien Premier ministre israélien Ariel Sharon, qui a marqué l'histoire de son pays comme chef militaire autant que comme dirigeant politique, est décédé samedi à l'âge de 85 ans après huit ans de coma.

Victime en janvier 2006 d'une attaque cérébrale, il n'avait jamais repris conscience depuis. Il a succombé au centre médical Sheba, près de Tel Aviv, où il était soigné. Ses médecins avaient déclaré ces derniers jours que son état se dégradait rapidement et de manière irréversible.

"Arik était un soldat valeureux et un homme d'Etat audacieux qui a beaucoup contribué à la sécurité et à la construction de l'Etat d'Israël", a déclaré le président Shimon Peres, un ancien allié politique d'Ariel Sharon, employant le surnom sous lequel était connu ce dernier.

"Arik aimait son peuple et son peuple l'aimait", a ajouté le chef de l'Etat. "Il ne connaissait pas la peur et n'a jamais craint de poursuivre un idéal."

Plusieurs responsables ont déclaré qu'Ariel Sharon devrait être inhumé lors de funérailles nationales auxquelles seraient conviés des dignitaires étrangers.

Le président américain, Barack Obama, a adressé ses condoléances à la famille Sharon et aux Israéliens en évoquant "la perte d'un dirigeant qui a dédié sa vie à l'Etat d'Israël".

"Nous réaffirmons notre engagement inébranlable envers la sécurité d'Israël et notre attachement à la longue amitié entre nos deux pays et nos deux peuples", a-t-il ajouté.

En France, le président François Hollande a salué en Ariel Sharon "un acteur majeur dans l'histoire de son pays", rappelant qu'"après une longue carrière militaire et politique, il a fait le choix de se tourner vers le dialogue avec les Palestiniens".

Après avoir été l'un des principaux chefs de l'armée israélienne, dans laquelle il avait combattu dès la création du pays en 1948, Ariel Sharon était devenu l'un des chefs de file de la droite israélienne, et à ce titre un fervent défenseur des implantations de colons dans les territoires palestiniens annexés.

Mais il restera aussi dans l'histoire de son pays comme l'initiateur de la décision unilatérale de retirer les troupes et les colons de la bande de Gaza en 2005.

Surnommé le "bulldozer" et réputé pour son appétit, cet ancien officier parachutiste avait vu sa carrière politique couronnée en 2001 par son élection à la tête du gouvernement.

UN "TYRAN" POUR LE HAMAS

Pour le camp arabe, il reste cependant comme le chef de guerre dont les troupes ont laissé les miliciens chrétiens libanais massacrer plusieurs centaines de réfugiés palestiniens dans les camps de Sabra et Chatila en 1982.

Une commission d'enquête israélienne avait cité l'année suivante Ariel Sharon, alors ministre de la Défense, comme l'un des responsables indirects de ces massacres, ce qui l'avait contraint à la démission.

Les Palestiniens l'avaient ensuite accusé d'avoir déclenché l'Intifada en se rendant à la mosquée Al Aksa de Jérusalem, qui surplombe le mur des Lamentations.

Le gouvernement israélien actuel, dirigé par Benjamin Netanyahu, participe à des négociations sous l'égide des Etats-Unis avec l'autorité palestinienne dirigée par Mahmoud Abbas mais les chances de succès de ces pourparlers sont jugées très minces.

"Le peuple palestinien se souvient de ce qu'a fait Sharon et de ce qu'il a essayé de faire à notre peuple et à son rêve de créer un Etat", a déclaré à Reuters Wael Abou Youssef, un haut responsable de l'Organisation de libération de la Palestine (OLP), dont est issu Mahmoud Abbas.

"En dépit des implantations et des guerres qu'il a lancées contre nous, ici et au Liban, et des crimes de guerre de Sabra et Chatila, Sharon est parti et le peuple palestinien reste sur ses terres."

Le retrait de la bande de Gaza en 2005, 38 ans après son annexion par Israël, a contribué à l'accession au pouvoir du Hamas, le parti islamiste opposé à Mahmoud Abbas qui prône la disparition d'Israël.

"La disparition de ce tyran nous rend plus confiant dans la victoire", a dit Abou Zourhi, porte-parole du Hamas. "Notre peuple ressent aujourd'hui un bonheur extrême avec la mort et la disparition de ce criminel, dont les mains étaient tachées du sang de notre peuple et du sang de nos dirigeants, ici et en exil."

Avec Nidal al Mougrabi à Gaza, Ali Sawafta à Ramallah, Jean-Baptiste Vey à Paris; Marc Angrand pour le service français

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
  • ref1929 le samedi 11 jan 2014 à 19:12

    et l'apartheid...

  • ref1929 le samedi 11 jan 2014 à 19:12

    Une bonne contre le fasciste...