L'ancien patron de l'IGS récuse les soupçons d'enquête truquée

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PARIS (Reuters) - L'ancien patron de l'IGS, la "police des polices" mise en cause dans une affaire d'enquête truquée en France, nie lundi s'être rendu coupable de la moindre faute et dément toute intervention de nature politique.

L'audition d'un témoin roumain dont Le Point.fr publie des extraits évoque pourtant des pressions et des menaces de membres de l'IGS.

Des responsables socialistes dénoncent une "manipulation" au sein de la "police des polices" dans le but d'écarter avant la campagne présidentielle de 2007 des policiers jugés trop à gauche en les accusant de trafic de titres de séjour.

Le parquet de Paris a souligné que la justice instruisait "avec diligence" les plaintes déposées par les fonctionnaires injustement mis en cause et qui affirment que des procès-verbaux ont été truqués par l'IGS.

Interrogé sur ces accusations, Eric Meillan, le directeur de l'Inspection générale des services (IGS) jusqu'en 2010 rétorque: "Falsifier un PV (...) ce n'est pas le style de la maison. Surtout dans une procédure judiciaire".

"Peut-être s'est-il passé des choses dont je n'ai pas eu connaissance", concède-t-il. "Je n'ai aucun élément tangible pour mettre en cause l'honnêteté de mes enquêteurs", insiste l'ancien responsable policier.

Lors de son audition devant la justice, un immigré roumain qui avait obtenu une carte de séjour en juin 2007 raconte comment des policiers l'ont mis sous pression pour qu'il mette en cause un haut fonctionnaire.

"Quand j'ai dit que je ne signerais pas ce qui était écrit, ils ont dit qu'ils allaient s'occuper de ma femme enceinte et faire en sorte qu'elle soit reconduite en Russie", dit-il selon Le Point.fr.

Gérard Bon, édité par Yves Clarisse

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