L'ancien gestionnaire de fortune des Bettencourt interrogé

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L'ancien gestionnaire de fortune des Bettencourt interrogé
L'ancien gestionnaire de fortune des Bettencourt interrogé

BORDEAUX (Reuters) - Patrice de Maistre, ancien gestionnaire de fortune de Liliane Bettencourt soupçonné d'avoir organisé un financement illégal de la campagne de Nicolas Sarkozy en 2007, est interrogé jeudi à Bordeaux par un juge, pour la première fois depuis son incarcération le 23 mars, a-t-on appris de source judiciaire.

Il est accompagné de ses avocats Pierre Haïk et Jacqueline Laffont. Susceptible d'être inquiété dans ce dossier, Nicolas Sarkozy perdra le 15 juin l'immunité pénale liée à sa fonction qui empêchait depuis 2007 toute audition ou poursuite.

L'audition de Patrice de Maistre fait suite à plusieurs autres interrogatoires de témoins menés ces derniers jours par le juge d'instruction Jean-Michel Gentil. Selon RTL, l'avocat suisse René Merkt, impliqué dans des mouvements de fonds suspects, a été questionné la semaine dernière dans son pays sur commission rogatoire.

Patrice de Maistre est mis en examen pour "abus de faiblesse, abus de biens sociaux et escroquerie aggravée". Le juge d'instruction veut l'interroger sur des retraits d'espèces en 2007, notamment deux de 400.000 euros chacun au moment de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy.

Ces retraits coïncident dans le temps avec une rencontre entre Patrice de Maistre et Eric Woerth, alors trésorier de la campagne Sarkozy ,et aussi avec une possible visite de Nicolas Sarkozy chez les Bettencourt à Neuilly. Le dossier menace parmi d'autres le président sortant.

Dans un communiqué, les avocats de Patrice de Maistre ont déclaré mercredi que leur client "attendait avec impatience sa comparution".

Il serait selon eux "logique" que soit organisée une confrontation entre Patrice de Maistre et différents témoins.

Patrice de Maistre admet avoir reçu dans son bureau l'argent retiré en espèces en Suisse, quatre millions d'euros au total en 2007-2009, mais assure l'avoir ensuite remis aux Bettencourt et dit ignorer ce qu'ils en ont fait.

Claude Canellas, avec Thierry Lévêque à Paris, édité par Patrick Vignal

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