L'amnésie de Jérôme Cahuzac choque la commission d'enquête

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JÉRÔME CAHUZAC NE SE SOUVIENT PAS D'UNE RÉUNION AVEC FRANÇOIS HOLLANDE
JÉRÔME CAHUZAC NE SE SOUVIENT PAS D'UNE RÉUNION AVEC FRANÇOIS HOLLANDE

PARIS (Reuters) - Jérôme Cahuzac a déclaré mardi ne pas se souvenir de la tenue d'une réunion à l'Elysée le 16 janvier dernier sur son compte caché en Suisse, une amnésie qui a choqué des membres de tous bords de la commission d'enquête parlementaire.

Des députés UMP ont donc proposé soit d'entendre le Premier ministre Jean-Marc Ayrault en dépit d'un récent vote négatif sur ce point, soit de reconvoquer ensemble l'ex-ministre du Budget et le ministre de l'Economie Pierre Moscovici.

"Jérôme Cahuzac a raté son deuxième rendez-vous avec la commission, il avait l'occasion de faire toute la lumière sur cette affaire. Malheureusement, il a fait le choix d'une autre stratégie, celle des trous de mémoire", a déclaré à l'issue de l'audition le député UMP Daniel Fasquelle.

"Il paraît nécessaire de procéder à d'auditions, et en particulier à celle du Premier ministre."

Le rapporteur socialiste, Alain Claeys, a répondu qu'il s'agissait d'une "vraie question" et qu'il ferait des propositions lors d'une réunion mercredi. "Il faut que la commission prenne le temps de réfléchir pour savoir ce que nous allons faire", a-t-il dit aux journalistes.

L'enjeu de la seconde audition de Jérôme Cahuzac était de savoir s'il avait été associé à une demande d'entraide fiscale controversée avec la Suisse -ce qui laisserait supposer une entente au sommet de l'Etat- ou simplement informé.

Cet échange à l'issue d'un Conseil des ministres, en présence de l'ancien ministre du Budget, de François Hollande et de Jean-Marc Ayrault, a été confirmé devant la commission par Pierre Moscovici.

"La seule chose qui est claire, c'est que Pierre Moscovici, quand il a parle devant la commission d'enquête, a dit la vérité et toute la vérité", avait déclaré l'entourage de Jean-Marc Ayrault avant l'audition de Jérôme Cahuzac.

Or, l'ancien ministre, qui s'était retranché derrière le secret de l'instruction lors de sa première audition, a cette fois opposé une mémoire défaillante aux députés.

"Je n'ai pas le souvenir de l'échange décrit par Pierre Moscovici à l'issue du Conseil des ministres", a-t-il déclaré.

"MURAILLE DE CHINE"

De même, Jérôme Cahuzac a dit n'avoir aucun souvenir d'une rencontre dans le bureau même du chef de l'Etat, une autre version citée dans le livre de la journaliste Charlotte Chaffanjon "Jérôme Cahuzac, les yeux dans les yeux".

"Dès lors que je n'ai aucun souvenir dans le bureau présidentiel, pour moi, cette réunion n'a pas eu lieu", a-t-il ajouté.

Jérôme Cahuzac a assuré que, quelle que soit la bonne version, "à aucun moment il n'y a eu prise en défaut de la 'muraille de Chine'" que Pierre Moscovici dit avoir dressée pour le tenir à l'écart des investigations sur son compte caché.

Le député UMP Georges Fenech, lui faisant remarquer qu'il risquait de faire un faux témoignage sous serment, Jérôme Cahuzac n'a pas fléchi: "Ni l'ironie, ni la menace ne me feront dire des choses dont je n'ai aucun souvenir".

Interrogé sur les démarches qu'il avait lancées parallèlement pour tenter d'avoir une attestation négative de la banque UBS, l'ancien ministre a dit ne pas croire que ce soit le président de la République "qui m'a suggéré cette procédure".

Pierre Moscovici a expliqué avoir informé lors de la réunion du 16 janvier François Hollande et le Premier ministre de la possibilité d'interroger la Suisse sur l'existence ou non d'un compte dissimulé à la banque UBS.

Pour les députés de l'opposition, la présence même de l'ancien ministre à cette réunion montre que la "muraille de Chine" invoquée par Bercy était fictive ou bien fissurée.

Le président UDI de la commission, Charles de Courson, y a vu la confirmation que François Hollande était "le mieux informé" de la situation de son ancien ministre, ce qui avait entraîné la semaine dernière une vive passe d'armes avec les ténors socialistes.

Jérôme Cahuzac, qui avait démissionné le 19 mars, a été mis en examen pour blanchiment de fraude fiscale.

Gérard Bon, avec Elizabeth Pineau et Emile Picy, édité par Yves Clarisse

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  • bordo le mardi 23 juil 2013 à 23:04

    Allons allons, il est socialiste, donc il ne peut pas mentir. Ni etre malhonnete.

  • fbordach le mardi 23 juil 2013 à 22:58

    Finalement ce doit être Le Pingouin, Zayrault et Ici Moscov les menteurs...

  • frk987 le mardi 23 juil 2013 à 22:45

    On ne lui demande pas de se souvenir, mais on lui demande si la réunion a eu lieu ou pas.Un coup de zyeu sur son agenda et l'affaire est close. Donc sa réponse veut dire la réunion a eu lieu mais........

  • d.wilde le mardi 23 juil 2013 à 21:23

    Et dire qu'on a confié les clés du coffre France à un type qui ne sait même plus ce qu'il a bouffé la veille...Il faut vite que tout cela change !

  • guyguy19 le mardi 23 juil 2013 à 21:05

    Gauche caviar

  • speedy36 le mardi 23 juil 2013 à 19:50

    il y a une chanson qui dit : j ai la mémoire qui flanche, je me rappelle plus bien !!!! cahuzac ne la chante pas, il l'a récite, sous serment !!!!

  • bordo le mardi 23 juil 2013 à 19:34

    Ah, mais comme disais le chef du groupe socialiste à l'assemblée "tout a été dit sur l'affaire Cahuzac". Et ben non ! C'est drole, quand c'est un socialiste qui a été malhonnete, il faut etre digne, quand c'est quelqu'un de droite il faut le déchiqueter.

  • grokuik1 le mardi 23 juil 2013 à 19:32

    je crois qu'un petit séjour en prison saura lui ramener rapidement la mémoire à ce monsieur, se rappellera meme des sommes exactes détournées dans les paradis fiscaux ainsi que de leur provenance , car pour enquete politicienne , faut arréter le cinéma !!

  • mlaure13 le mardi 23 juil 2013 à 19:31

    OUI MAIS...ça se soigne, et la commission devrait le faire hospitaliser !...:-)))

  • LeRaleur le mardi 23 juil 2013 à 19:21

    Un menteur qui a l'Alzheimer, dur dur.