L'amitié éclatée de la filière djihadiste de Strasbourg

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Croquis d'audience réalisé le 30 mai au tribunal correctionnel de Paris.
Croquis d'audience réalisé le 30 mai au tribunal correctionnel de Paris.

Sept prévenus partis en Syrie comparaissent devant le tribunal correctionnel de Paris.

A gauche les barbus, à droite les rasés de près. Etrange répartition, s’étonne Me Françoise Cotta. Dans un procès de filière djihadiste, l’avocate de la défense sait l’impression que peut donner un client placé du « mauvais » côté. Un simple « concours de circonstances », lui assure la présidente de la 16e chambre du tribunal correctionnel de Paris devant lequel comparaissent depuis lundi 30 mai, sept prévenus suspectés d’avoir participé à une filière d’acheminement de militants islamistes vers la Syrie en 2013 et 2014.

Alors pourquoi ces barbes ? Sébastien Chabal en a bien une, s’amuse Karim Mohamed-Aggad. Et lui aussi aime le rugby. « Peut-être que les sportifs en portent plus », relance son voisin, raillant l’équipe imberbe, en face.

Le contraste entre les deux box ne s’arrête pas là. A gauche, la repartie des quatre Alsaciens déstabilise jusqu’à la présidente du tribunal. Ils laissent échapper quelques rires, jouent de leur insolence. Plus discrets, épaules voûtées, les trois autres tentent de se faire oublier. Le visage caché derrière une pochette cartonnée, Mokhlès Dabhi voudrait même échapper aux illustrateurs venus les croquer.

Les deux clans n’en faisaient qu’un, autrefois. Certains se sont connus enfants. D’autres plus tard, réunis par le foot ou la chicha. En 2013, la petite bande traînait dans les bars de Kehl, du côté allemand de la frontière. Des heures passées à disserter sur le conflit syrien et une rencontre avec Mourad Fares, désormais considéré comme...

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