L'AMF très critique sur les indemnités de Combes, va enquêter

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* L'AMF avait demandé des explications fin juillet à Alcatel-Lucent * Ses services vont mener une enquête approfondie * Alcatel estime que sa fusion avec Nokia a rendu sa politique de rémunération obsolète * Emmanuel Macron a rencontré le président d'Alcatel par Matthieu Protard PARIS, 1er septembre (Reuters) - L'Autorité des marchés financiers (AMF) s'est montrée mardi très critique envers les indemnités de départ de Michel Combes, l'ancien directeur général d'Alcatel-Lucent ALUA.PA . Les révélations dans la presse des conditions de son départ de l'équipementier télécoms français ont provoqué ce week-end un véritable tollé non seulement chez les syndicats et au sein de la classe politique, mais aussi dans les rangs du Medef. ID:nL5N1150KR Après avoir reçu lundi soir un courrier d'Alcatel-Lucent s'expliquant sur sa politique de rémunération, le gendarme des marchés financiers indique avoir demandé à ses services d'examiner d'éventuelles irrégularités dans la rémunération de Michel Combes qui vient de rejoindre l'état-major d'Altice ATCA.AS , la maison-mère de Numericable-SFR NUME.PA . ID:nL5N1163Q0 "Le collège de l'AMF a demandé (à ses) services d'examiner plus profondément cette réponse (d'Alcatel-Lucent) qui nous semble peu convaincante en termes de bonne gouvernance, voire même sur le plan juridique", a fait savoir mardi Gérard Rameix, le président de l'AMF, dans un courriel envoyé à la presse. Fin juillet, l'AMF avait demandé par écrit à l'équipementier télécoms français de s'expliquer sur des modifications intervenues dans sa politique de rémunération suite au rachat de l'équipementier télécoms français par le finlandais Nokia NOKIA.HE . Dans une lettre datée du 31 juillet, l'autorité de contrôle des marchés rappelait notamment que Michel Combes avait déclaré en avril à la presse qu'il ne toucherait aucune indemnité de départ suite au rachat du groupe français par Nokia. "L'information donnée à la presse selon laquelle Mr Combes ne bénéficiait pas d'indemnités de départ est-elle trompeuse ou mensongère?", s'interroge notamment Gérard Rameix dans sa déclaration, pointant ainsi du doigt la communication financière du groupe française. DES CRITÈRES DE PERFORMANCE JUGÉS "OBSOLÈTES" PAR ALCATEL Après avoir rencontré mardi Philippe Camus, le président d'Alcatel-Lucent, le ministre de l'Economie Emmanuel Macron a demandé au groupe français d'attendre les avis du Haut Comité du gouvernement d'entreprise et de l'AMF sur les modalités de départ de Michel Combes et d'en tirer les conséquences. ID:nL5N1173OX Dans sa réponse à l'AMF, datée du 31 août, l'équipementier français estime que le projet de fusion avec Nokia a rendu "obsolètes" les critères de performances attachés à sa politique de rémunération, justifiant ainsi les changements intervenus. Il précise en outre que ces changements ont bénéficié à l'ensemble des collaborateurs d'Alcatel-Lucent et non pas uniquement à Michel Combes. "Ces critères ne peuvent plus être appliqués dans leur formulation initiale en raison notamment, du changement d'actionnariat et de périmètre du groupe envisagé à l'issue de l'opération et, d'autre part, de l'impact de l'opération sur la gestion de la société à compter de l'annonce du projet", souligne Alcatel-Lucent. Michel Combes a tenté lundi d'éteindre la polémique en expliquant qu'"aucune règle n'a(vait) été modifiée en catimini" et qu'il ne touchait dans les faits "aucune indemnité de départ". Alcatel n'a pas fait de commentaire dans l'immédiat. Le communiqué de l'AMF et son courrier à Alcatel-Lucent : http://bit.ly/1N7AD9L (Avec Yann Le Guernigou et Joseph Sotinel, édité par Jean-Michel Bélot)


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  • plgastal le mercredi 2 sept 2015 à 10:12

    Donc MC et les collaborateurs profitent de ces changements (sic) et les actionnaires , petits et grands attendent toujours de recevoir le fruit de leur investissement .