L'AMF s'inquiète des risques pour les marchés

le , mis à jour à 14:12
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Le trading haute fréquence est de nouveau pointé du doigt par l'AMF comme l'un de facteurs pouvant accentuer la nervosité des marchés boursiers.
Le trading haute fréquence est de nouveau pointé du doigt par l'AMF comme l'un de facteurs pouvant accentuer la nervosité des marchés boursiers.

Alors que les marchés financiers subissent un mini-krach boursier depuis le début de l’année, le président de l’Autorité des Marchés Financiers (AMF), Gérard Rameix, met particulièrement en garde contre les risques que font peser sur les marchés le comportement court-termiste des intervenants.

Dans un discours publié mercredi 13 janvier, Gérard Rameix se montre notamment inquiet des conséquences du trading haute fréquence mais aussi de la situation géopolitique mondiale pour la bonne tenue des marchés cette année.

Ce discours prend une dimension d’autant plus importante que les places boursières mondiales souffrent fortement depuis la première séance de l’année, réagissant avec beaucoup de volatilité et de manière parfois erratique à l’actualité économique.

Risques économiques : situation géopolitique et shadow banking

Gérard Rameix évoque ainsi « une situation de marché passablement risquée » pour l’année à venir.

« Tout d’abord la situation géopolitique est très inquiétante ; pour rester dans mon rôle de régulateur de marché, je pose la question suivante de savoir si les marchés ont complètement intégré ces dangers ? », s’interroge-t-il.

« Ensuite, avons-nous tiré toutes les conséquences d’un basculement, certes progressif et partiel, d’un système de financement principalement bancaire à un modèle faisant davantage appel au marché et à tout ce qu’on appelle le shadow banking ? », s’interroge-t-il également.

Ici, Gérard Rameix fait référence aux dérives du monde de la finance qui avaient participé à l’aggravation de la crise de 2008, alors que les opérations « hors bilan » des établissements financiers permettaient de diminuer en apparence leurs prises de risques.

Affichant une forte vigilance vis-à-vis de ces questions, le président de l’AMF affirme que « sur le plan national tout comme au niveau de l’ESMA, de l’OICV et du FSB, nous sommes extrêmement mobilisés pour mesurer les risques et définir les mesures préventives possibles ».

Risques techniques : trading haute fréquence et court-termisme

« Autre sujet de préoccupation, la forte volatilité des marchés actions et ses effets négatifs sur l’exposition des particuliers au risque actions », évoque par ailleurs Gérard Rameix.

Ce dernier détaille : « Notre pays a à la fois de très grands groupes cotés - en nombre supérieur à notre part dans le PIB mondial - un marché financier très ouvert aux investisseurs étrangers - européens ou non - et des investisseurs nationaux tant particuliers qu’institutionnels qui, pour des raisons diverses plus ou moins justifiées éprouvent de plus en plus de difficultés à détenir durablement des actions. Je crois cette situation dangereuse à terme pour notre économie ».

Face à cette inquiétude, Gérard Rameix rappelle que son institution doit « assumer et donc concilier deux impératifs : celui de réduire les risques, particulièrement ceux de nature systémique, de les gérer au mieux, d’accroître la transparence et de renforcer la confiance dans le marché ; et celui d’aider la finance à se recentrer sur son vrai métier qui est d’allouer de façon rationnelle et optimale les financements nécessaires aux entreprises et à l’économie ».

Très méfiant vis-à-vis de l’investissement de court terme, à visée spéculative, Gérard Rameix rappelle que la Commission des sanctions de l’AMF a dernièrement « rendu une décision qui fera date pour sanctionner des abus commis par des intervenants de haute technicité, les traders haute fréquence ».

La chute de ce jeudi 14 janvier est typiquement un événement de marché correspondant à la réalisation de ce type de risque « technique ». L’actualité économique fondamentale ne s’est pas significativement dégradée par rapport à la veille (pétrole stable, Chine stable, changes stables), et pourtant les marchés européens chutent lourdement : le CAC40 perdait 3,15% à 12h45. La faute aux ordinateurs vendeurs ?

X. Bargue (redaction@boursorama.fr)

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  • samu31 le vendredi 15 jan 2016 à 16:12

    Ce Mr Rameix n'a pas dû passer des heures dans une salle de marché. C'est un Enarque, qui est passé par la Cour des Comptes, comme qui vous savez. Bref, nommé par copinerie le 1er Août 2012, on comprend tout de suite qu'il n'a aucune expérience, à part le couteau et la fourchette.

  • andreven le vendredi 15 jan 2016 à 10:24

    Fuyez, fuyez pendant qu'il en est encore temps

  • Growjons le vendredi 15 jan 2016 à 08:58

    il parle de la baisse d'hier !! qui n'est qu'un ajustement des indices sur WS.parle plutot de la hausse fulgurante du DOW Jones intervenue hier entre 16h30 et 17H30 , hausse de 300 points !!!! qui a laminé tous les shorts et desactivé tous les turbos 300 pions à la ronde ..... lol !!!!.Attaquez vous au vrai pb , interdisez le trading haute frequence et certains derivés, va vous evitera de mettre des coupe circuits complètements cons !!!!!!en gros , merci de nous redonner un Marché !

  • faites_c le vendredi 15 jan 2016 à 08:23

    "pour des raisons diverses plus ou moins justifiées éprouvent de plus en plus de difficultés à détenir durablement des actions." L'une des raisons est que l'AMF valide l'expropriation des petits porteurs sans que cette décision n'ait été validée par un vote de résolution en AGE de la société expropriée (voir Alcatel Lucent). Le minimum qui serait attendu de l'AMF est que le préalable au feu vert d'une OPA/OPE devrait être que cette opération soit validée par les actionnaires!

  • b.renie le vendredi 15 jan 2016 à 06:19

    Et pas de prise en compte du danger de la financiarisation grandissante du système financier mondial qui pèse sur le fonctionnement de l'économie réelle qui peine à se développer : absence de croissance. Il faut réguler le système bancaire mondial en le sectionnant intelligemment (too big to fail) afin de mettre en route un système moins risqué que le modèle bancaire actuel de banque universelle. Le système actuel ne peut pas résister à une lame de fond

  • b.renie le vendredi 15 jan 2016 à 06:13

    De puis 2008 des mesures non négligeables ont été prises. Mais pas sur l'essentiel. Des océans de monnaies ont été créés par les bnaques centrales sans grands résultats pérennes dans l'économie réelle parce qu'il y a des fuites dans le système : les réseaux off shore bancaires et le shadow banking qui ont été la destination finale d'une partie importantes des QE, alimentant le hot money consacré à la spéculation créant la bulle financière qui est menaçante

  • mojito69 le jeudi 14 jan 2016 à 22:57

    L'AMF essaye de nous culpabiliser alors que se sont les banques qui pratiquent très majoritairement le trading de haute fréquence et le micro trading. Il faut bien un coupable et le français moyen a toujours été une cible idéale.

  • OSS119 le jeudi 14 jan 2016 à 20:57

    Lol. L'Amf pouvait s'y intéresser avant. Le high frequence n'est qu'un épiphénomène. Le problème est celui des gros spéculateurs institutionnels, qui font et défont les tendances en se téléphonant

  • SuRaCtA le jeudi 14 jan 2016 à 20:56

    Et la vision court termiste du traitement statistique du chômage par formations pour tronquer les chiffres l'AMF en pense quoi...

  • ccambrai le jeudi 14 jan 2016 à 20:40

    La faute aux ordinateurs vendeur. Ce sont pourtant les hommes qui les manipulent, comme nous sommes manipulés actuellement. Une honte de parler comme cela Mr Ramex.