L'AMF publie sa cartographie 2011 des risques

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(NEWSManagers.com) - L' Autorité des marchés financiers ( AMF) a publié le 30 mai la cartographie 2011 des risques et tendances sur les marchés financiers et pour l' épargne. Pour cette cinquième édition, le rapport couvre les tendances des marchés et du financement de l' économie, l' épargne des ménages et la gestion collective, ainsi que les évolutions dans l' organisation des marchés. La plupart des risques identifiés en avril 2010 lors du précédent exercice se confirment cette année, et certains, dans le contexte de la crise de la dette souveraine en Europe, se sont accentués.
Par ailleurs, plusieurs sujets importants mis en avant par l' AMF constituent des axes majeurs et nouveaux du programme de travail du G-20 en matière de régulation financière, les transferts de risques de la sphère bancaire vers d' autres secteurs du système financier, désormais traités sous l' angle général du shadow banking ; les objectifs de transparence, d' intégrité et d' efficience des marchés ; enfin, l' encadrement et la surveillance des marchés dérivés de matières premières.
Concernant le comportement des ménages, le rapport distingue deux grands types de risques. Le premier concerne l' insuffisante diversification du portefeuille des épargnants individuels. En effet, plus encore que les années précédentes, le patrimoine financier des ménages s' articule en 2010 quasi exclusivement autour des dépôts bancaires et des supports en euros des contrats d' assurance vie, conduisant à une insuffisance d' épargne longue investie en actions. Cette situation peut perdurer à moyen terme, du fait, notamment, de la mise en place de Bâle III et de l' incitation des banques à renforcer le poids des dépôts au sein de leurs ressources.
Par ailleurs, l' émergence de produits structurés risqués et facilement accessibles au grand public, via une commercialisation active par téléphone, messagerie électronique ou internet, fait naître des risques de mis-selling et soulève donc des problématiques de protection des investisseurs et de surveillance. Celles-ci sont cependant rendues délicates par la multiplicité des produits offerts et des canaux de distribution, ainsi que par l' hétérogénéité des règles auxquelles ils sont soumis. Ce risque demeure toutefois marginal, compte tenu du caractère encore confidentiel de la distribution de ce type de produits. L' émergence d' une demande réelle pour ces placements observée dans d' autres pays européens incite toutefois à la vigilance.
Dans le chapitre consacré à la gestion d'actifs, le rapport relève le développement de la gestion passive et, plus spécifiquement, des instruments d' investissement de type produits indiciels cotés. Ce qui peut engendrer des risques, d' une part pour la protection des investisseurs, liés à la complexité croissante des produits et de leur stratégie d' investissement, et l' intégrité des marchés ; d' autre part pour la qualité du processus de formation des prix et la stabilité financière (notamment en raison du caractère purement passif des allocations de portefeuille et de la canalisation de flux de placements sur des marchés qui peuvent être étroits).
La crise financière a en outre mis en exergue le rôle systémique des fonds monétaires. Les mesures prises en Europe et aux États-Unis permettent de limiter certains risques mais la possibilité de " runs" n' est pas écartée, en particulier dans le cas des fonds monétaires à valeur liquidative constante (CNAV). La mise en place de Bâle III va par ailleurs conduire les banques à intensifier le recours aux dépôts de la clientèle, au détriment possible des fonds monétaires. Ces évolutions peuvent avoir des conséquences importantes pour l' industrie de la gestion collective et le financement à court terme de l' économie.
Enfin, les difficultés rencontrées par les fonds de capital investissement sont une conséquence directe de la crise du crédit qui a frappé les économies à l' été 2007. Il est cependant à craindre des effets plus durables, du fait du repli des engagements des banques et des compagnies d' assurance, avec des conséquences négatives pour le financement des entreprises de taille petite et moyenne. On peut également assister, corrélativement, à une " retailisation" de la diffusion des fonds de private equity. Un tel risque existe également dans le cas des hedge funds (newcits).
La réforme prudentielle peut enfin occasionner des transferts de risque de la sphère bancaire en direction de la gestion collective ou vers des entités peu ou pas régulées. Cette problématique se posera avec d' autant plus d' acuité que le processus de sortie de crise se précisera, le repli de l' aversion au risque et une recherche accrue de rendement constituant des facteurs déterminants pour le développement de pratiques à risque et le contournement des règles.


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