L'allocataire qui s'était immolé à la CAF est mort

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PARIS (Reuters) - L'homme de 51 ans qui s'était immolé mercredi dernier dans les locaux de la Caisse d'allocations familiales (CAF) de Mantes-la-Jolie (Yvelines), est décédé ce week-end, a-t-on appris lundi auprès du ministère des Affaires sociales.

Cet allocataire, dont le Revenu de solidarité active (RSA) était suspendu depuis le mois de mai, avait été admis à l'hôpital Saint-Louis, à Paris, où il a succombé dimanche matin.

Marie-Arlette Carlotti, la ministre déléguée chargée de la lutte contre l'exclusion, a estimé après ce décès qu'il était "indispensable d'accompagner les allocataires de manière continue".

"Ce drame nous rappelle qu'il est important d'éviter toute rupture dans le suivi des personnes et qu'il est indispensable d'accompagner chacun de manière continue", a-t-elle déclaré dans un communiqué.

La ministre a néanmoins jugé que le personnel de la CAF avait "rempli sa mission avec sérieux et compétence".

L'allocataire s'était présenté la semaine dernière dans les bureaux de la CAF où un conseiller lui avait réclamé des éléments justificatifs pour rétablir ses droits.

Sans dire un mot, l'homme s'était alors aspergé avec une bouteille remplie de white spirit et avait allumé un briquet. Le personnel et d'autres allocataires présents étaient intervenus pour éteindre les flammes.

Après cette tentative d'immolation, l'accueil de la CAF pour l'ensemble des Yvelines a été fermé pendant une journée, ce qui a été présenté comme un "symbole fort" après un "événement violent". Celui de Mantes-la-Jolie a fermé ses portes jusqu'au 16 août.

Le Mouvement national des chômeurs et précaires (MNCP) estime que "la souffrance des chômeurs et personnes en situation de précarité "n'est pas prise en compte sérieusement par les pouvoirs publics".

Il en veut pour preuve que les réactions officielles au drame de Mantes-la-Jolie "ont toutes insisté sur 'une situation personnelle difficile'".

"Or, cet acte dramatique ne peut être interprété comme un cas isolé : service public débordé, règles injustes ou incompréhensibles, difficultés de communication entre agents et usagers sont le quotidien de beaucoup de personnes confrontées au chômage et à la précarité", écrit-il dans un communiqué.

Gérard Bon, édité par Yves Clarisse et Patrick Vignal

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