L'alliance Bayrou-Borloo n'est pas encore scellée

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LE RAPPROCHEMENT ENTRE FRANÇOIS BAYROU ET JEAN-LOUIS BORLOO N'EST PAS ENCORE SCELLÉ
LE RAPPROCHEMENT ENTRE FRANÇOIS BAYROU ET JEAN-LOUIS BORLOO N'EST PAS ENCORE SCELLÉ

PARIS (Reuters) - Le contrat d'union entre les centristes de l'UDI et du MoDem est prêt, a assuré jeudi François Bayrou, présentant comme une formalité des retrouvailles plus délicates qu'il n'y paraît.

Le président du MoDem, désormais dans "l'opposition constructive" à François Hollande, travaille depuis plusieurs semaines avec Jean-Louis Borloo, le président de l'UDI, à une "charte" appelée à régir la vie commune du pôle centriste.

François Bayrou, le "troisième homme" de la présidentielle de 2007, a affirmé sur RTL qu'un texte "sérieux", dont une mouture a circulé cette semaine, serait signé "dans les jours qui viennent", mais la prudence reste de mise à l'UDI.

"La charte n'est pas finalisée", a-t-on souligné jeudi dans l'entourage de Jean-Louis Borloo.

L'ancien ministre de Nicolas Sarkozy, qui ne connaît que trop la tendance au cavalier seul du Béarnais, aujourd'hui sans troupes et sans deniers, n'entend pas oeuvrer à son propre affaiblissement.

"Je ne veux pas faire une alliance avec François Bayrou juste pour les caméras. Je veux que cela se passe de manière apaisée, enthousiaste et heureuse pour tout le monde", a-t-il prévenu au début de la semaine dans Direct Matin.

La plate-forme en cours de rédaction vise à "verrouiller", de l'organisation pratique au positionnement politique, les rouages de la future entité censée proposer une "troisième voie" en France, entre un Parti socialiste miné par les divisions et une UMP convalescente en quête d'une ligne idéologique claire.

La "belle entreprise" gripperait notamment sur la question des alliances et les modalités de partage du "leadership", concède-t-on de part et d'autre.

"CLARIFICATION" DES ALLIANCES

Tout en revendiquant sa "liberté", le futur parti, dont on ignore s'il aura ou non une dénomination, laisserait ouverte la possibilité de partenariats, au-delà de l'UMP, avec des sensibilités écologistes, radicales, social-démocrates, à condition qu'elles n'émanent pas de la majorité présidentielle.

Une stratégie qui va dans le sens des alliances à "géométrie variable" du MoDem, allié au PS dans les municipalités de Lille et Dijon, notamment, mais ne passe toujours pas à l'UDI où François Bayrou, qui a appelé "à titre personnel" à voter pour François Hollande au second tour de la présidentielle de 2012, reste "un traître" pour la base.

"J'attends que les élus MoDem alliés au Parti Socialiste dans les collectivités territoriales fassent un choix: la rupture avec la gauche ou le refus d'une convergence avec l'UDI. Pour moi, il ne sera pas possible de participer à un quelconque rapprochement sans cette clarification politique", a prévenu l'ancien ministre François Sauvadet dans un communiqué.

Le vice-président du MoDem Jean-Luc Bennahmias, représentant de l'aile gauche du parti, veut relativiser les antagonismes. "Pour les élections locales, on peut faire le tour de France, on aura toujours des problèmes".

LE "CASUS BELLI" DE MARSEILLE

L'eurodéputé, ex-Vert, confirme toujours travailler à "une liste alternative" à Marseille où, souligne-t-il, le bilan du maire UMP sortant Jean-Claude Gaudin "n'est pas bon". Des propos peu en phase avec la ligne de Jean-Louis Borloo, prêt à faire de Marseille un "casus belli".

Un exécutif paritaire devrait voir le jour mais beaucoup ne croient guère en la pérennité d'une direction bicéphale qui pourrait imploser à l'approche de la présidentielle de 2017.

Les parties se seraient mises d'accord sur le principe d'une candidature unique qui passerait par un processus de désignation interne Le terme "primaire" paraît tabou à ce stade.

François Bayrou a de nouveau refusé jeudi d'envisager la perspective d'une nouvelle candidature présidentielle.

"On peut penser qu'il y aura quelques bouleversements politiques après 2014 (municipales, européennes-NDLR) et 2015 (régionales). Aucun parti n'est en pleine forme, et le risque d'une radicalisation droitière va changer la donne. 2014 et 2015 suffisent bien aujourd'hui à ce qu'on envisage de faire", note Jean-Luc Bennahmias.

Sur l'Europe, UDI et MoDem reconnaissent parler la même langue. Des listes uniques devraient être constituées pour les élections du printemps.

Hervé Morin, président du Nouveau Centre, l'une des composantes de l'UDI qui tient samedi son conseil national, exhorte ses troupes à lever leurs réticences face à ce qu'elles ressentent comme un "entrisme" bayrouiste.

"Je leur demande de me faire confiance, car je connais François Bayrou. Il a payé cher son passage sur l'autre rive", déclare-t-il au Figaro.

Sophie Louet avec Marine Pennetier et Emile Picy, édité par Yves Clarisse

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  • M8637171 le jeudi 24 oct 2013 à 19:07

    Les partis actuels sont tombés dans trop d'électoralisme, de corruption pour être crédible rapidement. Il faut du vrai neuf peut : Nous citoyens !

  • LeRaleur le jeudi 24 oct 2013 à 18:31

    Mais Bayrou est fini, il n'a rien a donné.