L'Allemand Martin Schulz élu président du Parlement européen

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L'ALLEMAND MARTIN SCHULZ, NOUVEAU PRÉSIDENT DU PARLEMENT EUROPÉEN
L'ALLEMAND MARTIN SCHULZ, NOUVEAU PRÉSIDENT DU PARLEMENT EUROPÉEN

STRASBOURG (Reuters) - Le social-démocrate allemand Martin Schulz, qui a été élu mardi président du Parlement européen, a estimé que l'échec du projet européen était désormais un "scénario réaliste".

Il succède pour un mandat de deux ans et demi à l'ancien Premier ministre polonais Jerzy Buzek, membre du Parti populaire européen (PPE), en vertu d'un accord entre les deux principales formations de l'hémicycle qui se relaient traditionnellement au perchoir au milieu de la législature.

Martin Schulz, 56 ans, a obtenu 387 voix contre 142 au conservateur britannique Nirj Diva et 141 voix à la libérale également britannique Diane Wallis.

Il a inauguré sa présidence en lançant un cri d'alarme, eu égard à la situation économique et politique en Europe.

"Pour la première fois depuis la création de l'Union européenne, l'échec de celle-ci apparaît comme un scénario réaliste", a-t-il dit dans son discours inaugural.

Dénonçant des décisions "prises à huis clos par les chefs de gouvernement", c'est-à-dire "sans contrôle démocratique", il a prôné le respect de la "méthode communautaire" qui implique la Commission et le Parlement européen.

"Que faut-il entendre par là concrètement? Résoudre les conflits par le dialogue et la recherche du consensus", a-t-il affirmé.

Le nouveau président a reçu un plein soutien sur ce point du président du groupe PPE, le Français Joseph Daul.

"Ce qui nous rapproche est plus important que ce qui nous divise", a-t-il assuré.

Originaire de Rhénanie-du-Nord-Westphalie, dans le nord de l'Allemagne, Martin Schulz a été libraire et élu local jusqu'en 1994, date de son entrée au Parlement européen où il présidait depuis 2004 le groupe socialiste, devenu Groupe des socialistes et des démocrates.

Parlant couramment le français et l'anglais, il s'est révélé un orateur pugnace et volontiers polémique.

Son caractère combatif lui a valu quelques accrochages avec ses pairs et même les foudres de Silvio Berlusconi. Le président du Conseil italien l'avait comparé à un "Kapo", un gardien de camp de concentration, suscitant un tollé parmi les eurodéputés qui avaient volé à la rescousse de leur collègue.

En bon social-démocrate allemand, Martin Schulz sait aussi faire preuve d'esprit de consensus.

Il a qualifié de "succès", en 2008, la présidence de l'Union européenne de Nicolas Sarkozy, sans se priver par la suite de critiquer sévèrement le président français et le "directoire" formé par ce dernier avec la chancelière Angela Merkel pour diriger l'Europe.

Gilbert Rheilac, édité par Yves Clarisse

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