L'Allemagne va reconnaître à son tour un "génocide" arménien

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BERLIN, 20 avril (Reuters) - Le gouvernement allemand, sous la pression de députés issus de ses propres rangs, soutiendra vendredi une motion parlementaire citant le massacre des Arméniens en Turquie il y a un siècle comme un exemple de "génocide", a déclaré lundi le porte-parole de la chancellerie Steffen Seibert. Il s'agit d'un revirement politique majeur pour l'Allemagne qui rejoindra ainsi la France, le Parlement européen ou le pape François dans l'emploi du terme de génocide pour qualifier les massacres d'Arméniens dans l'empire ottoman pendant la Première Guerre mondiale, à partir de 1915. "Le gouvernement soutient le projet de résolution (...) selon lequel le sort des Arméniens pendant la Première Guerre mondiale sert d'exemple dans l'histoire des meurtres de masse, des épurations ethniques, des expulsions et, oui, des génocides durant le XXe siècle", a déclaré Steffen Seibert. La Turquie reconnaît qu'un grand nombre de chrétiens arméniens sont morts dans des affrontements qui ont débuté le 15 avril 1915 mais elle conteste qu'ils aient fait des centaines de milliers de morts et qu'ils aient été le résultat d'une campagne systématique d'élimination. L'Allemagne a longtemps refusé d'employer le terme de génocide pour le massacre des Arméniens par crainte de froisser la Turquie et les 3,5 millions d'Allemands d'origine turque ou de Turcs résidant sur son sol. L'une des craintes de Berlin est également que les massacres commis en 1904 et 1905 contre les Héréros en Namibie par les troupes coloniales allemandes soient qualifiés de génocide, ce qui pourrait conduire à des demandes de réparations. Dimanche encore, dans une interview à la chaîne ARD, le ministre des Affaires étrangères, Frank-Walter Steinmeier, a refusé d'employer le terme de génocide pour les massacres d'Arméniens. "La responsabilité ne peut se réduire à un seul mot", a-t-il dit. Mais plusieurs députés issus de l'Union chrétienne-démocrate (CDU) d'Angela Merkel et du Parti social-démocrate (SPD), son partenaire de coalition, ont convaincu le gouvernement de changer de position. (Erik Kirschbaum; Jean-Stéphane Brosse pour le service français)

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