L'Allemagne recrute en Alsace

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STRASBOURG (Reuters) - La région Alsace et le Land allemand de Bade-Wurtemberg ont signé lundi à Strasbourg un accord de coopération pour développer la formation en alternance de jeunes Français dans les entreprises allemandes.

Bien qu'il s'agisse en principe pour les deux régions d'encourager des flux "bidirectionnels", de part et d'autre du Rhin, les chiffres de l'emploi indiquent clairement qu'ils iront avant tout d'Ouest en Est.

Avec une démographie en berne et une industrie qui en fait l'un des Länder les plus riches d'Allemagne, le Bade-Wurtemberg affiche un taux de chômage de 4% quand celui de l'Alsace talonne désormais d'un point la moyenne nationale, à 9,2% au quatrième trimestre 2012.

"Aujourd'hui, les entreprises du Bade-Wurtemberg font du ?job dating' à Madrid, en Roumanie, en Pologne pour que des jeunes viennent travailler chez elles. Nous avons souhaité que cette demande trouve un plein écho en Alsace", a expliqué Philippe Richert, le président UMP du Conseil régional d'Alsace.

Peter Friedrich, ministre SPD des relations internationales du Bade-Würtemberg, a lancé une pique discrète à Angela Merkel qui, à quelque mois des élections fédérale, avait invité les dirigeants de l'Union européenne mercredi dernier à Berlin pour un sommet sur l'emploi des jeunes.

"Ce sommet s'est manifesté par de la symbolique et des images, mais pas encore par des actions concrètes", a-t-il affirmé pour mieux mettre en valeur la dynamique que le Land, dirigé par une alliance entre les Verts et les sociaux-démocrates, lance avec l'Alsace.

CONVERGENCE D'INTÉRÊTS

L'accord entre les deux partenaires, dont les modalités techniques seront arrêtées en septembre, relève encore de la déclaration d'intention, mais il est soutenu par la prise de conscience d'une convergence d'intérêts bien réelle.

L'Alsace, qui investira quatre millions d'euros pour promouvoir et faciliter l'emploi transfrontalier, veut permettre à un millier de jeunes de poursuivre une formation professionnelle dans une entreprise allemande d'ici deux ans. Ils ne sont qu'une trentaine actuellement.

Cela passe par des cursus de formation, tant en formation initiale que pour les chômeurs, qui soient adaptés aux besoins d'entreprises identifiées en Allemagne, en coopération avec les chambres de commerce et d'industrie des deux pays.

Une formation à l'allemand, notamment technique, y sera associée car c'est le paradoxe d'une région au bilinguisme jadis bien ancré de compter de moins en moins de bons germanistes.

Le nombre de travailleurs alsaciens employés en Allemagne a baissé de 22,4% depuis 1999, date à laquelle il avait enregistré un pic historique, pour s'établir aujourd'hui à 29.000 salariés.

Gilbert Reilhac, édité par Yves Clarisse

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