L'Allemagne rappelle à la Russie la nécessité des accords de Minsk

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 (Actualisé avec déclaration, contexte) 
    par Andrew Osborn et Polina Devitt 
    MOSCOU, 15 août (Reuters) - Le ministre allemand des 
Affaires étrangères, Frank-Walter Steinmeier, a réaffirmé lundi 
la nécessité de s'en tenir aux accords de Minsk entre la Russie 
et l'Ukraine en dépit du regain de tension en Crimée.  
    Le chef de la diplomatie allemande s'exprimait devant des 
étudiants de l'université d'Iekaterinbourg au côté de son 
homologue russe, Sergueï Lavrov, au moment où le ton est de 
nouveau monté entre Moscou et Kiev. 
    Lavrov a promis que la Russie assumerait sa part de 
l'accord. Vladimir Poutine estime, pour sa part, que de 
nouvelles discussions qui auraient pu se tenir en marge du 
sommet du G20 le mois prochain en Chine n'étaient pas 
nécessaires, laissant supposer que Moscou était prêt à 
abandonner le processus de paix. 
    La Russie a affirmé mercredi dernier qu'elle avait repoussé 
deux incursions armées ukrainiennes en Crimée, annexée par la 
Russie en mars 2014. Selon Vladimir Poutine, l'Ukraine cherche à 
provoquer un nouveau conflit et à déstabiliser le territoire. 
    Les autorités ukrainiennes ont démenti ces accusations, le 
président ukrainien Petro Porochenko dénonçant des allégations 
"ridicules et cyniques", qu'il a qualifiées de "fantasmes" 
servant de prétexte à de nouvelles menaces militaires contre son 
pays. 
    "Il y a eu un pic de tension à propos de la Crimée au cours 
des derniers jours et cela nous inquiète", a estimé le ministre 
allemand. "L'essentiel est que la situation n'échappe pas à tout 
contrôle. Nous appelons tout le monde à une désescalade", a-t-il 
dit. 
    Le Premier ministre russe Dmitri Medvedev a indiqué vendredi 
que la Russie serait contrainte de rompre ses relations 
diplomatiques avec l'Ukraine si la crise venait à s'aggraver. 
  
    Sergueï Lavrov a précisé que le gouvernement russe avait 
examiné une possible relance des négociations dans le cadre du 
"format Normandie" à quatre pays (Ukraine, Russie, France et 
Allemagne). 
    "Je ne pense pas que nous soyons actuellement dans une 
situation où quelqu'un a intérêt à rompre les relations 
diplomatiques (entre la Russie et l'Ukraine)", a commenté 
Sergueï Lavrov. 
    "C'est une mesure extrême et il me semble que le principal 
est de ne pas tomber dans l'émotion ou dans les scénarios 
extrêmes, mais d'agir avec retenue et de se concentrer sur une 
stabilisation de la situation", a-t-il poursuivi. 
    Concernant les accusations de tentative de sabotage en 
Crimée, le chef de la diplomatie russe a affirmé disposer de 
"preuves irréfutables" montrant qu'il s'agissait d'une opération 
"planifiée depuis longtemps par le renseignement militaire 
ukrainien afin de déstabiliser la Russie en Crimée". 
    "Nous sommes prêts à présenter de nouveaux éléments à nos 
partenaires occidentaux", a-t-il poursuivi. 
    Négociés en février 2015 par l'Allemagne et la France, les 
accords de Minsk-2 qui visent à régler le conflit en Ukraine 
mettent en oeuvre un cessez-le-feu et un retrait des armes 
lourdes sur le terrain et comportent aussi un processus 
politique censé tourner la page du conflit entre les 
séparatistes prorusses de l'Est et le pouvoir central de Kiev. 
 
 (Polina Devitt; Henri-Pierre André pour le service français) 
 
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  • charleco il y a 6 mois

    L'Allemagne joue la carte de l'OTAN à fond. Il est question que les services de renseignements allemands soient rattachés directement à la CIA! Bientôt, on aura des bases US en France et des agents de la Cia dans nos RG.

  • noterb1 il y a 6 mois

    Et le pilonnage permanent du Donbass c'est aussi la Russie ?