L'Allemagne prévoit d'augmenter ses dépenses sans déficit

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    * 31 milliards de hausse des dépenses prévues d'ici 2020 
    * Ni nouveaux emprunts ni hausse de la fiscalité au 
programme 
    * L'investissement, la sécurité, les migrants parmi les 
priorités 
 
 (Actualisé avec précisions, citations et commentaire) 
    par Gernot Heller 
    BERLIN, 23 mars (Reuters) - Le gouvernement allemand a 
approuvé mercredi des prévisions budgétaires qui, selon le 
ministre des Finances, Wolfgang Schäuble, permettront de faire 
face aux nouvelles dépenses liées à l'accueil des migrants, à la 
sécurité et aux investissements dans les infrastructures sans 
avoir à augmenter l'endettement du pays.  
    L'arrivée en Allemagne l'an dernier de 1,1 million de 
réfugiés et candidats à l'immigration a suscité des 
interrogations sur la capacité de Berlin à assumer le coût 
financier de leur accueil et de leur intégration sans remettre 
en cause l'équilibre budgétaire, priorité du cabinet d'Angela 
Merkel.  
    Wolfgang Schäuble, l'un des piliers du gouvernement, a 
réaffirmé mercredi que cet objectif serait atteint.  
    "Nous tenons notre parole et nous restons fidèles à notre 
politique financière solide dans un contexte difficile", a-t-il 
dit à la presse.  
    "Nous investissons dans les infrastructures, l'éducation et 
la recherche, nous faisons le nécessaire pour garantir la 
sécurité intérieure et extérieure et nous aidons les migrants, 
tout cela sans nouvel emprunt (net)", a-t-il précisé. 
    Berlin a prévu dix milliards d'euros pour faire face à la 
crise des migrants l'an prochain. Le gouvernement s'attend à 
800.000 nouvelles arrivées sur le sol allemand cette année et à 
600.000 en 2017, a précisé Wolfgang Schäuble.  
    Les prévisions budgétaires établies par son ministère 
tablent sur une augmentation de 30,9 milliards d'euros des 
dépenses publiques d'ici 2020, à 347,8 milliards, sans nouvel 
emprunt net, grâce principalement à la progression attendue des 
recettes fiscales.  
    Ces prévisions sont crédibles avec un taux de chômage limité 
à 6,2%, son plus bas niveau depuis la réunification du pays et 
une croissance régulière. 
    "L'Allemagne continue de récolter les fruits des réformes du 
marché du travail 'Agenda 2010' de 2004", commente Holger 
Schmieding, économiste de la banque Berenberg.  
    "Avec un emploi de base (...) en hausse de 750.000 sur un 
an, les recettes fiscales allemandes et les recettes du système 
de protection sociale augmentent tellement que l'Allemagne peut 
se permettre des dépenses supplémentaires sans avoir à supporter 
un déficit." 
    En 2017, le gouvernement veut augmenter les dépenses 
publiques de 8,6 milliards d'euros à 325,5 milliards, dont 33,7 
milliards pour des investissements. 
    Le projet de loi de Finances de 2017 et le programme 
budgétaire jusqu'en 2020 devraient être approuvés en conseil des 
ministres le 6 juillet.    
 
 (avec Matthias Sobolewski, Wilfrid Exbrayat et Marc Angrand 
pour le service français) 
 
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