L'Allemagne précisera dimanche son soutien armé à l'Irak

le
0

(Actualisé avec déclarations de Merkel, décision tchèque) PRAGUE, 27 août (Reuters) - L'Allemagne décidera dimanche de la nature de son aide militaire aux forces kurdes d'Irak qui combattent les insurgés de l'Etat islamique, une démarche inédite qu'Angela Merkel justifie entre autres par la présence de centaines d'Allemands dans les rangs des insurgés islamistes. "L'Etat islamique a environ 20.000 combattants selon nos estimations; 2.000 d'entre eux viennent d'Europe, dont probablement 400 d'Allemagne", a déclaré la chancelière mercredi. "Nous ne pouvons donc pas nous contenter de dire que cela n'a rien à voir avec nous: nous sommes impliqués." Son ministre des Affaires étrangères, Frank-Walter Steinmeier, a déclaré lors d'une visite à Prague que son pays devait livrer de l'aide aux Kurdes, "afin qu'ils puissent combattre l'EIIL (L'Etat islamique en Irak et au Levant, devenu l'Etat islamique-NDLR) et l'empêcher de s'emparer de toute la région pour en faire un califat". "Le gouvernement allemand n'a pas encore pris de décision à ce jour, mais je pense qu'une décision sera prise dimanche sur ce qui doit concrètement être livré", a-t-il ajouté. Le gouvernement tchèque, lui, a donné son feu vert à l'envoi de munitions aux forces kurdes, a annoncé un porte-parole. Selon l'agence de presse CTK, il s'agit de munitions pour fusils-mitrailleurs Kalachnikov, pour mitrailleuses et lance-roquettes ainsi que de grenades à main. L'ensemble représente une valeur de deux millions de dollars, ajoute-t-elle. Outre la République tchèque, la Grande-Bretagne, la France, l'Allemagne, l'Italie, la Croatie, le Canada et l'Albanie ont promis de livrer "armes et équipements" aux peshmerga, selon le secrétaire américain à la défense, Chuck Hagel. La décision de Berlin de se joindre à cet effort marque une rupture avec le principe appliqué par l'Allemagne depuis la Seconde Guerre mondiale de ne pas livrer d'armes dans des zones de conflit. Angela Merkel l'a justifiée par ce qu'elle a décrit comme un "génocide" dans le nord de l'Irak. Les enquêtes d'opinion suggèrent que l'opinion publique allemande désapprouve ce choix: selon un sondage réalisé la semaine dernière par Forsa, 63% des Allemands s'opposent à l'envoi d'armes aux Kurdes. L'opposition, elle, estime que des armes envoyées en Irak pourraient finir entre de mauvaises mains et elle a demandé un débat au parlement, prévu lundi prochain. Aucun vote n'est requis mais une source au sein de la coalition gouvernementale, qui a requis l'anonymat, a déclaré qu'un scrutin consultatif pourrait avoir lieu au Bundestag. (Jan Lopatka et Robert Muller à Prague, Thorsten Severin et Andreas Rinke à Berlin,; Jean-Philippe Lefief et Marc Angrand pour le service français)

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant