L'Allemagne émet des obligations à 10 ans à taux négatif

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 (Actualisé avec précisions, commentaire et contexte) 
    BERLIN, 13 juillet (Reuters) - L'Allemagne est devenue 
mercredi le deuxième pays du G7 après le Japon à emprunter à 10 
ans à un rendement négatif à l'émission, profitant de l'appétit 
des investisseurs pour les titres les mieux notés sur fond de 
baisse généralisée des rendements dans le monde. 
    L'adjudication bouclée mercredi l'a été à un rendement de 
-0,05%, le premier rendement à dix ans négatif dès 
l'adjudication pour des Bunds, selon les données de l'Agence 
allemande de la dette.  
    Cette dernière a adjugé 4,038 milliards d'euros de sa 
nouvelle ligne à 10 ans avec un ratio de couverture (le rapport 
entre la demande et l'offre de titres) de 1,2.  
    Un porte-parole de l'Agence a déclaré que la liquidité de la 
dette souveraine allemande était très élevée et que les 
investisseurs étaient attirés par la qualité de crédit de 
l'Allemagne, notée triple A par les grandes agences de notation. 
    Le rendement à 10 ans allemand est négatif sur le marché 
secondaire depuis maintenant trois semaines et il a touché la 
semaine dernière un plus bas autour de -0,20%. Mercredi, il 
évoluait autour de -0,11%  DE10YT=TWEB . 
    L'adjudication à rendement négatif de mercredi signifie 
concrètement que les investisseurs ont accepté de prêter des 
capitaux à l'Etat fédéral en sachant qu'ils recevront à 
l'échéance, dans dix ans, un remboursement d'un montant 
inférieur à leur investissement initial. 
    Prêter à Berlin a donc pour eux un coût qui constitue le 
prix de la sécurité, le papier allemand étant considéré comme 
l'un des plus sûrs au monde dans un contexte marqué par de 
nombreuses incertitudes, par la faiblesse continue de 
l'inflation et par la politique monétaire ultra-accommodante des 
principales banques centrales, dont la Banque centrale 
européenne (BCE). 
     
    $11.000 MILLIARDS DE TITRES À RENDEMENT NÉGATIF 
    "Cette adjudication est un symptôme de ce que l'on observe 
partout", estime Orlando Green, responsable de stratégies de 
taux fixes pour l'Europe au Crédit agricole. "On évolue en ce 
moment dans un environnement de marché favorable aux obligations 
et les investisseurs restent relativement longs sur les Bunds 
allemands." 
    Le coupon des nouvelles obligations allemandes est nul pour 
la première fois, ce qui signifie que les investisseurs 
acceptent de ne toucher aucun intérêt pendant la durée de 
détention des titres.  
    La chute des coûts de financement des émetteurs souverains 
les plus avancés a fait passer en territoire négatif les 
rendements de plus de 11.000 milliards de dollars (9.900 
milliards d'euros) d'obligations dans le monde, un mouvement qui 
s'est encore amplifié depuis le vote des Britanniques pour la 
sortie de leur pays de l'Union européenne le 23 juin.  
    Le Japon avait réalisé une adjudication à dix ans à taux 
négatif dès le mois de mars. La Suisse, dont la quasi-totalité 
de la courbe des rendements se situe aujourd'hui en dessous de 
zéro, a fait de même en avril. Mercredi, elle a émis des titres 
d'échéance 2058 à un rendement de -0,023%.  
    Si l'annonce d'une transition plus rapide que prévu 
initialement à la tête du gouvernement britannique a rassuré en 
partie les investisseurs et ravivé leur appétit pour le risque, 
profitant notamment aux actions, le contexte général demeure 
favorable aux obligations allemandes. 
    Les conséquences durables du Brexit sont en effet toujours 
incertaines et les marchés s'attendent à ce que les banques 
centrales annoncent de nouvelles mesures de soutien au crédit et 
à l'économie dans les semaines ou les mois à venir.  
    Ces conditions de marché ne bénéficient pas uniquement aux 
émetteurs souverains les mieux notés: le Portugal, malgré la 
procédure de sanction pour déficit excessif engagée par l'Union 
européenne, a par exemple émis mercredi sans difficulté des 
titres à dix ans à un rendement de 3,093%, en baisse par rapport 
à celui de 3,25% d'une adjudication comparable réalisée en mai.  
     
 
 (Dhara Ranasinghe avec Michael Nienaber, Marc Joanny et Marc 
Angrand pour le service français, édité par Véronique Tison) 
 
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