L'Allemagne doit fortement augmenter ses investissements-experts

le
0

* Le gouvernement va étudier les recommandations-Gabriel * Syndicats, économistes, entreprises réunis dans la commission * Berlin sous pression pour relancer la croissance en zone euro par Michelle Martin et Gernot Heller BERLIN, 13 avril (Reuters) - L'Allemagne souffre d'un grave déficit d'investissement et son secteur public comme le privé ont besoin d'augmenter leurs dépenses pour permettre à la première économie d'Europe de continuer de croître et de créer des emplois, selon une commission d'experts. La commission de 21 membres, désignée par le ministre de l'Economie Sigmar Gabriel, remettra le 21 avril son rapport au gouvernement mais son président, Marcel Fratzscher, directeur de l'institut économique DIW, en a d'ores et déjà présenté les principales conclusions lundi. "Nous sommes d'accord que l'énorme problème de l'investissement doit être résolu pour préparer l'avenir de notre pays et pour assurer sa prospérité à long terme", a-t-il déclaré au journal Bild. Les investissements publics et privés sont inférieurs d'environ 100 milliards d'euros par an à ce qu'ils devraient être, le secteur privé en étant le principal responsable, a-t-il dit. L'Allemagne fait également face à une pression internationale pour stimuler ses dépenses afin de relancer la croissance en Europe. Sigmar Gabriel a déclaré que le travail de la commission était "excellent" et que le gouvernement examinerait ses recommandations. Dans le seul secteur du transport, l'investissement est de sept à 10 milliards d'euros trop bas, a déclaré Marcel Fratzscher à la presse, ajoutant que c'est une tâche urgente qui deviendra plus coûteuse à mesure que le gouvernement attend. La commission, composée de représentants de la finance, des entreprises, des syndicats et d'économistes, suggère que, parallèlement à la hausse des dépenses publiques, le gouvernement pourrait créer de nouveaux instruments pour mobiliser des fonds privés afin de réparer les routes vétustes et d'en construire de nouvelles, par exemple. Elle propose également la création d'un fonds pour les citoyens afin d'obtenir des épargnants qu'ils participent à ces projets. Marcel Fratzscher estime que Berlin dispose d'une marge de manoeuvre suffisante pour investir davantage sans mettre en péril sa politique d'équilibre budgétaire. L'Allemagne a atteint son objectif d'un déficit zéro ("schwarze Null") en 2014 avec un an d'avance sur le calendrier initial. Le chef de la confédération syndicale allemande DGB, Reiner Hoffmann, membre lui aussi de la commission d'experts, juge pour sa part que Berlin pourrait se permettre de dépenser davantage, même si la dette publique venait à augmenter. La Commission propose d'investir dans les réseaux internet à haut débit et les services numériques dans des domaines tels que la santé et l'éducation, et d'accroître les dépenses sur les systèmes "intelligents" et économes de distribution d'énergie. Elle suggère également de soutenir les jeunes entreprises en simplifiant la fiscalité, de miser sur la formation et d'encouragr le travail des femmes via la création par exemple de structures d'accueil pour les enfants. A long terme, la commission envisage la création d'une société publique de financement pour les autoroutes fédérales qui serait financée par des péages et pourrait emprunter sur les marchés sans garantie souveraine. (Claude Chendjou pour le service français, édité par Véronique Tison)

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant

Partenaires Taux