L'Allemagne dément préparer un plan de soutien à Deutsche Bank

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    * Le gouvernement dément des articles évoquant un plan de 
renflouement 
    * Deutsche Bank a vendu une filiale britannique 
    * L'action remonte après une chute de près de 20% en 8 
séances 
 
 (Actualisé avec déclarations des autorités, informations de 
presse, cours) 
    par Arno Schuetze 
    FRANCFORT, 28 septembre (Reuters) - Le gouvernement allemand 
a démenti mercredi préparer un plan de sauvetage de Deutsche 
Bank  DBKGn.DE , la première banque du pays, affaiblie par la 
menace d'une énorme amende aux Etats-Unis et dont la valeur 
boursière a chuté de près de 20% en moins de deux semaines.  
    Le groupe bancaire a par ailleurs conclu la vente d'une 
filiale d'assurance au Royaume-Uni pour environ 1,1 milliard 
d'euros, une cession qui lui permet de renflouer un peu son 
bilan.  
    A la Bourse de Francfort, le titre Deutsche Bank regagnait 
3,13% en milieu de journée à 10,88 euros. Il accuse néanmoins 
depuis le début de l'année une baisse de 50%, qui a fait fondre 
sa capitalisation à moins de 15 milliards d'euros. 
    La banque risque une amende de 14 milliards de dollars (12,5 
milliards d'euros) par la justice américaine et ce litige a 
brutalement ravivé les craintes sur sa santé financière, qui se 
sont étendues à une partie du secteur bancaire en Europe et aux 
Etats-Unis. 
    Le ministère des Finances a démenti un article de 
l'hebdomadaire Die Zeit selon lequel les autorités ont commencé 
à échafauder un plan de sauvetage dans l'éventualité où Deutsche 
Bank serait incapable de lever seule les capitaux nécessaires 
pour couvrir le coût du litige américain.  
    Selon Die Zeit, qui ne cite pas ses sources, l'Etat fédéral 
pourrait aller jusqu'à prendre une participation directe de 25% 
au capital en cas d'extrême urgence.  
    Le gouvernement, précise l'article, continue d'espérer que 
Deutsche Bank n'aura pas besoin de l'aide de l'Etat.  
    "L'article est faux", a écrit dans un courriel une 
porte-parole du gouvernement. "Le gouvernement fédéral ne 
prépare aucun plan d'aide; il n'y a aucune raison de spéculer à 
ce sujet." 
     
    LE GROUPE DÉMENT AVOIR DEMANDÉ L'AIDE DE BERLIN 
    Deux sources proches du dossier ont déclaré à Reuters que la 
BaFin, l'autorité de tutelle du secteur bancaire allemand, ne 
travaillait pas non plus à un plan d'urgence. 
    Un porte-parole de Deutsche Bank a lui aussi démenti 
l'article de Die Zeit et il a renvoyé à l'entretien donné au 
grand quotidien Bild par le président du directoire, John Cryan, 
un Britannique. 
    "Je n'ai à aucun moment demandé de l'aide à la chancelière 
et je n'en ai pas davantage évoqué l'idée", a déclaré l'homme 
fort du groupe. "Formuler une telle requête serait hors de 
question pour nous." 
    Le magazine allemand Focus a rapporté le week-end dernier 
qu'Angela Merkel avait rencontré John Cryan cet été et lui avait 
fait savoir qu'il ne pouvait pas attendre d'aide de Berlin pour 
régler ses problèmes avec le département de la Justice des 
Etats-Unis (DoJ).  
    John Cryan a aussi exclu, dans l'entretien à Bild, de 
procéder à une augmentation de capital. 
    Les banques allemandes souffrent de la faiblesse des taux 
d'intérêt, qui les oblige à chercher de nouvelles sources de 
revenus en répercutant une partie de leurs coûts sur leurs 
clients entreprises et en relevant les tarifs pour les 
particuliers.  
    Deutsche Bank, également très présente sur les marchés 
financiers internationaux, est en outre engagée dans un vaste 
plan de restructuration de ses activités, qui prévoit quelque 
9.000 suppressions de postes sur un effectif d'environ 100.000 
personnes. 
     
    D'AUTRES LITIGES EN SUSPENS 
    Le groupe ne remet pour autant pas en question sa présence 
forte dans la banque d'investissement, qui l'a conduit à être 
classé par le Fonds monétaire international (FMI) comme la plus 
risquée des grandes banques mondiales. 
    La gouverneure adjointe de la Banque d'Angleterre, Minouche 
Shafik, a toutefois réfuté mercredi toute comparaison avec le 
cas de Lehman Brothers, dont la faillite en septembre 2008 avait 
déclenché la crise financière mondiale.  
    "Beaucoup de banques ont du mal à se réformer et à 
transformer leur modèle économique", a-t-elle dit à Londres. "Je 
crois que la banque d'investissement est le marché le moins 
rentable en ce moment." 
    C'est dans le cadre de son plan de restructuration que 
Deutsche Bank a annoncé mercredi la vente de l'assureur-vie 
britannique Abbey Life au groupe Phoenix  PHNX.L  pour 935 
millions de livres (1,1 milliard d'euros).   
    Cette cession, qui intervient après celle de plusieurs 
autres actifs, comme la participation de dans le chinois Huaxia, 
se soldera dans ses comptes par une perte avant impôt de 800 
millions d'euros mais aussi par une amélioration de 10 points de 
base du ratio de solvabilité.  
    Les analystes de Goldman Sachs ont estimé mercredi que le 
litige américain, toujours en cours de négociation, pourrait 
coûter au final 2,8 à 8,1 milliards de dollars. D'autres pensent 
que toute amende supérieure à cinq milliards nécessiterait une 
augmentation de capital.  
    Les provisions pour litiges du groupe s'élévaient à 5,5 
milliards d'euros fin juin mais le dossier américain, qui porte 
sur des produits adossés à des prêts immobiliers commercialisés 
avant la crise financière, n'est pas le seul qui le menace: il 
reste soupçonné de manipulation des taux de change, visé par une 
enquête sur des transactions suspectes en Russie et cité dans un 
dossier de blanchiment d'argent présumé. 
 
 (Avec Matthias Sobolewski, Jonathan Gould, Noor Zainab Hussain 
et Anjuli Davies; Wilfrid Exbrayat et Marc Angrand pour le 
service français, édité par Bertrand Boucey) 
 

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