L'Allemagne croît sans convaincre

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 (Actualisé avec des précisions, citations) 
    par Caroline Copley 
    BERLIN, 12 février (Reuters) - L'Allemagne a enregistré au 
dernier trimestre de 2015 une croissance stable, une hausse des 
dépenses publiques portée par l'afflux de réfugiés et des 
chantiers de BTP plus nombreux ayant largement contrebalancé le 
coup de frein du commerce extérieur. 
    Le PIB de la première économie d'Europe a augmenté de 0,3% 
sur les trois derniers mois de l'année dernière, conformément 
aux attentes et comme au trimestre précédent, ce qui porte le 
taux de croissance sur l'ensemble de l'année 2015 à 1,7%, a 
annoncé vendredi l'institut fédéral de la statistique 
(Destatis). 
    En données non ajustées, le PIB du quatrième trimestre a 
progressé de 2,1%, par rapport à la période comparable de 2014, 
en deçà des 2,3% attendus. 
    "Lent mais stable, voilà ce qu'on peut dire de 2015 a 
posteriori", commente Thomas Gitzel (VP Bank Group), jugeant que 
la croissance du quatrième trimestre "n'a rien 
d'enthousiasmant", sans pour autant qu'il faille s'alarmer. 
    Après un solide premier semestre en 2015, l'économie a un 
peu ralenti les six mois suivants, conséquence de la tourmente 
boursière des marchés émergents et du coup de frein à la 
croissance chinoise. 
    Cette stabilité de la croissance fait suite à une production 
industrielle étonnamment faible en décembre, soulignant les 
difficultés d'une économie traditionnellement tournée vers 
l'exportation dans un contexte économique morose pour les 
marchés émergents. 
    La consommation privée supplante ainsi le commerce extérieur 
comme moteur de la croissance allemande, un chômage qui n'a 
jamais été aussi bas, des taux d'intérêt ultra-bas et des 
augmentations salariales libérant le pouvoir d'achat. 
    Cela étant, si la dépense publique a bien augmenté au 
dernier trimestre de 2015, la progression de la dépense privée 
n'a été que modérée. 
    La déroute boursière du secteur financier européen fait 
craindre que l'instabilité des marchés ait des répercussions sur 
l'économie réelle. 
    C'est ainsi que 2016 pourrait se révéler plus délicate pour 
une économie allemande confrontée à la crise des réfugiés, à 
l'incertitude politique et à des facteurs externes de plus en 
plus défavorables, remarque Carsten Brzeski (ING). 
    "En sus des éléments de risque bien connus comme le 
ralentissement de la Chine et des marchés émergents ou encore 
une zone euro qui n'est pas sortie de ses difficultés, la chute 
des prix pétroliers et un éventuel accès de faiblesse économique 
des Etats-Unis risquent d'être très mal perçus par l'économie 
allemande", explique-t-il.  
    Le gouvernement a revu en baisse sa prévision de croissance 
de 2016 le mois dernier, à 1,7%.   
     
    Tableau de la statistique:   
    Les indicateurs allemands en temps réel  ECONDE  
      
 
 (Avec Joseph Nasr, Patrick Vignal et Wilfrid Exbrayat pour le 
service français, édité par Marc Joanny) 
 
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