L'Allemagne compterait racheter 3% d'EADS à la France

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BERLIN ENVISAGERAIT DE RACHETER 3% D'EADS À LA FRANCE
BERLIN ENVISAGERAIT DE RACHETER 3% D'EADS À LA FRANCE

FRANCFORT/PARIS (Reuters) - L'Allemagne prévoit de racheter directement à la France une participation de 3% dans EADS pour que la part des deux Etats dans le groupe aéronautique et de défense européen soit égale, écrit vendredi le quotidien allemand Handelsblatt en citant des sources gouvernementales allemandes.

Une telle opération signifie que Berlin rachèterait moins d'actions que prévu à Daimler, contraignant ce dernier à les vendre sur le marché, ajoute le journal.

Les délégations allemande et française ont discuté du dossier EADS durant le sommet européen qui se tient à Bruxelles, a dit à Reuters une source proche des négociations.

Plusieurs sources ont déclaré cette semaine à Reuters que la France et l'Allemagne discutaient d'une réorganisation de la gouvernance au sein d'EADS qui conduirait chacun des deux pays à détenir 12% de la maison-mère d'Airbus et à rompre le pacte d'actionnaires actuel.

Issu de la création d'EADS en 2000, le pacte d'actionnaires est partagé entre, du côté de français, l'Etat et Lagardère qui détiennent respectivement 15% et 7,5% du capital ; et du côté allemand, le constructeur automobile allemand Daimler qui possède 15% du capital et un consortium de sept banques allemandes (Dedalus) les 7,5% restants.

Daimler cherche déjà à céder la moitié de sa participation à la banque publique allemande KfW et Arnaud Lagardère, patron du groupe éponyme et président du conseil d'administration d'EADS, a déclaré de son côté la semaine dernière qu'il était "plus que probable" que son groupe vende sa participation en 2013.

INCERTITUDES

Ces incertitudes sur la gouvernance d'EADS pèse sur le titre, qui reculait de 1,45% à 24,875 euros vers 13h55, accusant l'une des plus forte baisse du CAC 40 (-0,25%). La valeur évolue toujours nettement en dessous (-17%) de son cours de Bourse affiché avant l'annonce en septembre d'un projet de fusion, finalement, avorté avec BAE Systems.

"En rompant le pacte d'actionnaires, la France et l'Allemagne faciliteraient la sortie, à terme, de Lagardère et Daimler. Ce qui suppose un afflux de papier potentiel sur le marché l'année prochaine", commentent les analystes d'Aurel BGC.

Selon un autre analyste basé à Paris, environ 20% du capital devrait revenir sur le marché dans le cadre du nouveau pacte d'actionnaires.

"Actuellement, les Etats avec Daimler et Lagardère contrôlent 50,5% du capital. Si le nouveau pacte prévoit une minorité de blocage à 30%, ce sont 20,5% du capital d'EADS qui vont se retrouver d'une façon ou d'une autre sur le marché", explique-t-il.

Il relève qu'à terme le nouveau pacte signé entre les Etats, qui va limiter le poids des gouvernements sur la gouvernance, devrait être favorable aux actionnaires minoritaires.

"Si on oublie les problèmes de gouvernance et d'actionnariat, la société vaut plus que les 25 euros actuels au vu des fondamentaux solides", indique l'analyste.

L'agence de notation Fitch a indiqué de son côté qu'une telle réorganisation de la gouvernance n'améliorerait pas significativement les problèmes de gouvernance au sein du groupe franco-allemand.

Ces changements ne changeraient pas la perception selon laquelle EADS est une entreprise contrôlée par des Etats, ce qui réduit ses chances de gagner de gros contrats à l'export dans la défense, poursuit Fitch.

Maria Sheahan, Tangi Salaün pour le service français, avec la contribution de Cyril Altmeyer, Julien Ponthus et Blandine Hénault, édité par Jean-Michel Bélot

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