L'Allemagne a tiré la croissance de la zone euro en juillet

le , mis à jour à 11:32
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LES INDICES PMI EN EUROPE
LES INDICES PMI EN EUROPE

PARIS/LONDRES, Reuters - Principaux résultats définitifs des enquêtes Markit auprès des directeurs d'achat du secteur des services en Europe:

La croissance de la zone euro a légèrement accéléré en juillet mais elle a été inégale, les bonnes performances de l'Allemagne masquant une stagnation en France et une légère décélération en Espagne et en Italie.

Les résultats définitifs de l'enquête Markit montrent que la zone euro a pour l'instant surmonté le choc du vote britannique du 23 juin en faveur d'une sortie de l'Union européenne.

L'indice PMI composite, qui combine industrie et services, a atteint 53,2 en juillet, au-dessus de l'estimation "flash" de 52,9 et contre 53,1 en juin. Il se maintient depuis mi-2013 au-dessus de la barre de 50 qui sépare croissance et contraction.

Chris Williamson, chef économiste de Markit, se félicite de la révision en hausse du chiffre définitif qui montre, selon lui, une absence de contagion du vote en faveur du Brexit mais il ajoute que l'enquête révèle une croissance modeste, de l'ordre de 0,3%, à l'entame du troisième trimestre.

"Un rythme de croissance aussi faible va inévitablement relancer la spéculation sur ce que la BCE peut ou devrait faire pour soutenir la croissance, et quand", dit-il.

La banque centrale notera avec soulagement que les entreprises ont à peine réduit leurs prix en juillet, le sous-indice des prix à la production ayant atteint un pic de 10 mois à 49,8 contre 49,1, même si le niveau d'inflation reste loin de son objectif de près de 2%.

De même, la croissance a accéléré dans le secteur des services, avec un indice d'activité à 52,9 contre 52,7 en version "flash" et 52,8 en juin. Le sous-indice mesurant l'emploi dans les services a progressé à 53,7, son meilleur niveau depuis 2008, contre 53,1, suggérant une confiance dans la pérennité de la reprise.

En ALLEMAGNE, portée par les services, la croissance du secteur privé a enregistré le mois dernier son rythme le plus élevé depuis le début de l'année, même si certaines entreprises se sont montrées moins optimistes du fait de la décision des Britanniques de quitter l'Union européenne.

L'indice PMI composite s'est établi à 55,3 en juillet, contre 54,4 en juin.

Ce chiffre est identique à l'estimation "flash" publiée il y a deux semaines et bien supérieur au seuil de 50.

L'indice des seuls services s'est établi à un pic de deux mois de 54,4, après 53,7 en juin. L'indice PMI manufacturier de juillet, publié lundi, était ressorti 53,8 contre 54,5 en juin.

"Le secteur des services a continué de croître au début du troisième trimestre à un rythme conforme à la tendance de ces trois dernières années", note Oliver Kolodseike, économiste chez Markit.

L'économie allemande a crû de 0,7% au premier trimestre, confortant son rôle de moteur de la zone euro. Le gouvernement voit un produit intérieur brut (PIB) en hausse de 1,7% sur l'ensemble de 2016, ce qui serait une augmentation similaire à celle de 2015.

En FRANCE, l'activité dans le secteur des services a renoué avec une légère croissance le mois dernier, grâce notamment à une reprise du volume des nouvelles commandes.

L'indice des services s'est établi à 50,5 en juillet après 49,9 en mai, mois où il était passé juste sous le seuil de 50. Il est légèrement supérieur à la première estimation "flash" publiée le 22 juillet, qui s'établissait à 50,3.

L'indice composite, qui associe des éléments de l'indice des services et de celui du secteur manufacturier, dont l'activité s'est à nouveau contractée en juillet s'est lui aussi redressé à 50,1 après 49,6 en juin. Il est de même légèrement au-dessus de son estimation "flash" de 50,0.

"L'activité du secteur des services français repart à la hausse en juillet, compensant ainsi la faiblesse actuelle de l'industrie manufacturière et permettant à l’activité de l'ensemble du secteur privé de se stabiliser", souligne Jack Kennedy, économiste de Markit.

En GRANDE-BRETAGNE, l'économie s'est contractée en juillet à son rythme le plus élevé depuis la crise financière de 2008-2009 suite au vote du 23 juin en faveur de la sortie de l'Union européenne.

L'indice PMI des services ressort à 47,4, comme estimé en version "flash" le 22 juillet, contre 52,3 en juin. Il retombe ainsi à son plus bas niveau depuis mars 2009.

L'indice PMI composite a été revu en baisse par rapport à l'estimation préliminaire, à 47,3 - au plus bas depuis avril 2009 - contre 51,9 en juin. Cette chute de plus de quatre points est inédite depuis que l'enquête a débuté en 1998.

Selon Chris Williamson, ces chiffres laissent prévoir une contraction de 0,4% de l'économie britanique sur les trois mois à fin septembre, ce qui ne s'était plus vu depuis le début 2009.

L'enquête de Markit renforce les anticipations d'une baisse des taux de la Banque d'Angleterre à l'issue de sa réunion monétaire de jeudi.

En ITALIE, le secteur des services a dégagé une légère croissance en juillet pour le deuxième mois consécutif, selon l'enquête réalisée conjointement par Markit et l'association Adaci des directeurs d'achats.

L'indice PMI des services a atteint 52,0 contre 51,9 en juin, se maintenant au-dessus de la barre de 50. Dix économistes interrogés par Reuters prévoyaient en moyenne un tassement à 51,0.

La création d'emplois a atteint son meilleur niveau depuis près de neuf ans mais les prestataires de services se disent moins optimistes pour le reste de l'année.

En intégrant l'indice PMI manufacturier qui a montré lundi la plus faible croissance du secteur depuis un an et demi, l'indice PMI composite recule à 52,2 contre 52,6 en juin.

La croissance italienne a été de 0,8% en 2015 et le gouvernement table sur 1,2% cette année, mais bon nombre d'économistes attendent un chiffre inférieur à 1%.

En ESPAGNE, la croissance du secteur des services a légèrement ralenti en juillet tout en se maintenant à un rythme solide.

L'indice PMI des directeurs d'achat du secteur est ressorti à 54,1 contre 56,0 en juin, restant pour le 33e mois consécutif au-dessus de la barre de 50.

Avec la saison touristique, l'activité dans l'hôtellerie et la restauration a été élevée et les embauches sont restées proches de leurs meilleurs niveaux en huit ans, le sous-indice de l'emploi s'établissant à 55,4 après 55,7 en juin.

"La reprise espagnole fait preuve de résilience face à un certain nombre de vents contraires et les prestataires de services s'attendent à ce que cette situation se poursuive au moins sur le court terme", estime Andrew Harker, économiste chez Markit.

(Bureaux européens de Reuters)

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  • devcor il y a 4 mois

    Et pourtant, Normal 1er dit que tout va bien et même .....mieux !

  • laurus il y a 4 mois

    Nous aussi on la tire, vers le bas...