L'Allemagne à l'équilibre budgétaire, avec un an d'avance

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* Le "Shwarze Null" atteint en 2014, une première depuis 1969 * Un emploi record et la faiblesse des taux ont dopé le budget * Pas de retombée positive attendue sur la croissance en zone euro (Actualisé avec précisions, contexte, commentaires) par Michelle Martin BERLIN, 13 janvier (Reuters) - L'Allemagne a atteint l'équilibre budgétaire en 2014 pour la première fois depuis 1969, avec un an d'avance sur son objectif, grâce à un niveau d'emploi record et à la faiblesse des taux. Cette marge de manoeuvre imprévue ne devrait toutefois pas se traduire par une hausse suffisante des dépenses pour soutenir la croissance en berne de la zone euro. Berlin visait "Schwarze Null" (littéralement "zéro noir", déficit zéro et des chiffres "dans le noir" par opposition à "dans le rouge") en 2015, mais le ministère des Finances a annoncé mardi que l'objectif avait été atteint dès 2014. C'est la première fois en près d'un demi-siècle que Berlin réussit cet exploit, ce qui représente un succès politique tant au niveau national qu'européen pour la chancelière Angela Merkel, qui a fixé cet objectif lors de sa réélection en 2013 et qui prône la rigueur budgétaire pour les pays en difficultés comme la Grèce. Peter Tauber, secrétaire général de l'Union chrétienne-démocrate (CDU) de la chancelière, a déclaré que le budget constituait un "succès historique" qui envoie un signal fort au reste de l'Europe, comme quoi Berlin montre l'exemple en ne dépensant désormais que ce qu'il y a dans ses coffres. "Cela marque un tournant dans la politique financière: nous avons enfin arrêté de vivre à crédit, au-dessus de nos moyens." PROFONDE AVERSION À LA DETTE Alors que ce retour à l'équilibre budgétaire devrait fournir des arguments supplémentaires aux partenaires européens de l'Allemagne qui l'exhortent à investir davantage pour soutenir l'activité en Europe, les Allemands ont conservé une profonde aversion à l'endettement depuis l'hyperinflation des années 1920 qui a englouti l'épargne de toute une génération. Même si une augmentation des dépenses de l'Etat peut soutenir la demande et les importations en provenance du reste de l'Europe, Christian Schultz, économiste chez Berenberg Bank, juge peu probable qu'elles atteignent des niveaux suffisants pour avoir un impact sensible sur la croissance en zone euro. "Le manque de confiance sous-jacent persiste dans la zone euro et cela ne dépend vraiment pas beaucoup du fait que l'Allemagne creuse quelques nouveaux trous, puis les rebouche", a-t-il dit. "Je n'attends donc qu'un effet très marginal sur le reste de la zone euro". Les rentrées fiscales ont atteint 270,8 milliards d'euros l'an dernier, soit 2,6 milliards de plus que les prévisions les plus récentes, selon les données préliminaires sur le budget fédéral 2014 fournies par le ministère des Finances. Les dépenses fédérales ont été plus faibles que prévu, pour un milliard d'euros. A 295,5 milliards d'euros, elles n'avaient plus été aussi basses depuis 2009. Ces résultats sont essentiellement la conséquence d'un niveau d'emploi record et de la faiblesse des taux d'intérêt pratiqués par la Banque centrale européenne (BCE) qui a permis à l'Allemagne de réduire le fardeau du service de sa dette. Le nombre de personnes en activité en Allemagne a atteint un pic de 43,1 millions en novembre, avec un taux de chômage qui a touché son plus bas niveau historique, à 6,5%. (Bertrand Boucey et Juliette Rouillon pour le service français, édité par Juliette Rouillon)

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