L'Algérie se prépare à la nomination d'un nouveau président

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L'ALGÉRIE SE PRÉPARE À LA NOMINATION D'UN NOUVEAU PRÉSIDENT
L'ALGÉRIE SE PRÉPARE À LA NOMINATION D'UN NOUVEAU PRÉSIDENT

par Lamine Chikhi et Myra MacDonald

ALGER (Reuters) - Trois semaines après avoir été hospitalisé en urgence à Paris, le président algérien Abdelaziz Bouteflika reste invisible et le pays se prépare à la nomination d'un successeur qui, pour la première fois, sera issu d'une génération trop jeune pour avoir participé à la guerre d'indépendance contre la France.

Dans un pays où le secret fait partie des méthodes de gouvernement, personne ne connaît exactement l'état de santé du chef de l'Etat.

Malgré un bulletin officiel publié la semaine dernière annonçant qu'Abdelaziz Bouteflika était en train de récupérer après une attaque mineure, la plupart des Algériens estiment qu'il doit être gravement malade pour est soustrait si longtemps aux yeux du public.

Certains de ses organes vitaux seraient très touchés, selon le magazine français Le Point qui cite des sources médicales.

Selon le journaliste algérien Hichem Aboud, Bouteflika, qui a survécu à un cancer en 2005, est dans un coma profond.

A Alger, personne ne sait même où se trouve le président. Certains le disent toujours en France, à l'hôpital militaire du Val-de-Grâce. D'autres affirment qu'il se trouve en Suisse. Selon Hichem Aboud, il a été ramené en Algérie.

En France et en Algérie, les autorités se refusent à tout commentaire, mais, selon la presse, le pays se prépare à une nouvelle ère.

La mort de Bouteflika privera l'Algérie du dernier membre de la vieille garde qui a dirigé le pays à partir de l'indépendance en 1962, pour passer par la guerre civile contre les islamistes dans les années 1990 et revenir à une période de stabilité que lui autorisent ses vastes ressources en hydrocarbures.

Malgré le renouveau du militantisme islamiste qui touche ses voisins (Mali, Tunisie, Libye), l'Algérie ne sombrerait pas pour autant dans le chaos si le président venait à décéder, estiment les observateurs.

ERREURS DU PASSÉ

La transition devrait se faire sans heurts, estiment-ils, sous la houlette d'un appareil d'Etat paternaliste et avec une population qui ne souhaite pas revivre les violences des années 90 avec les islamistes.

Ainsi, les médecins et les professeurs qui manifestent pour une hausse des salaires et de meilleures conditions de travail ne demandent pas un renversement du système mais une administration plus efficace que celle fournie par la gérontocratie actuelle.

En Algérie, les forces de l'ordre ont, semble-t-il, tiré les leçons des manifestations des "Printemps arabes" qui ont balayé les dictateurs au pouvoir en Tunisie, en Egypte et en Libye: ne jamais s'aliéner les électeurs.

L'Etat, disent les analystes, a compris ses erreurs du passé quand il n'a pas pris la peine de s'assurer du soutien de la population pour décider de l'annulation en 1992 des élections que s'apprêtaient à remporter les islamistes, déclenchant la guerre civile qui a fait 200.000 morts.

Les dirigeants algériens ont toujours mené leurs affaires en secrets, pratique héritée de l'époque de la guerre d'indépendance (1954-1962) où ils craignaient d'être trahis.

Dans ce qui apparaît comme un effort de préparation du terrain à un transfert du pouvoir, le journal El Khabar a publié samedi une photo pleine page de Bouteflika à côté de l'article 88 de la constitution qui prévoit que le président du Sénat assure la présidence par intérim en cas de décès ou d'incapacité du président.

D'autres journaux ont publié des photos du Premier ministre Abdelmalek Sellal, 65 ans, considéré comme un candidat probable à l'élection présidentielle de l'an prochain, en train de promettre le développement économique.

Né le 2 mars 1937, Abdelaziz Bouteflika était un protégé de Houari Boumédiène, figure de la guerre d'indépendance devenu président. En tant que ministre des Affaires étrangères dans les années 60, Abdelaziz Bouteflika a accueilli entre autres de nombreuses personnalités révolutionnaires dont Che Guevara en Algérie.

Elu en 1999, Bouteflika a mis fin à la guerre civile, offrant l'amnistie à ceux qui déposaient les armes. Il a été réélu en 2004 et 2009.

Danielle Rouquié pour le service français

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  • Alexccar le lundi 20 mai 2013 à 14:29

    Qu'il n'oublie pas de payer sa note d'hopital aux français...après qu'il est tant craché sur la france et les français

  • mlaure13 le lundi 20 mai 2013 à 12:34

    Qu'une page se tourne, et vite ...en espèrant que les vieux démons resteront dans l'ombre !!!...