L'Algérie refuse des visas à des journalistes français

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    PARIS, 8 avril (Reuters) - Les autorités algériennes ont 
refusé d'accorder des visas à des journalistes français qui 
devaient suivre la visite du Premier ministre Manuel Valls à 
Alger ce week-end, a-t-on appris vendredi de sources 
diplomatiques françaises. 
    Le refus concerne un journaliste du Monde et deux 
journalistes de Canal Plus désireux de rendre compte du 
troisième comité interministériel de haut niveau 
franco-algérien, qui réunira une dizaine de ministres français 
samedi et dimanche à Alger.  
    Le refus du visa au reporter du Monde est lié à la récente 
publication, dans le quotidien français, d'une photographie du 
président Abdelaziz Bouteflika le liant au scandale des "Panama 
Papers" relatifs à des avoirs de personnalités dans des paradis 
fiscaux.  
    Informé de ce refus, Manuel Valls a appelé son homologue 
algérien, Abdelmalek Sellal, pour lui faire part de son 
désaccord.  
    "Nous avons été informés de l'intention de ne pas délivrer 
de visas. Le Premier ministre a téléphoné mercredi à son 
homologue algérien pour lui faire part de son avis. Le Premier 
ministre algérien en a pris note", a-t-on rapporté dans 
l'entourage du chef du gouvernement français.  
    Plusieurs médias français envisagent de boycotter le voyage 
à Alger en signe de protestation.  
    "C'est une mesure de rétorsion", considère une source 
officielle française.  
    Selon cette source, le secrétaire général du ministère 
français des Affaires étrangères et la direction du protocole de 
l'Elysée ont engagé une démarche via l'ambassadeur de France en 
Algérie en personne.  
    Ce dernier, Bernard Emié, avait été convoqué mercredi par 
les autorités algériennes à propos de la parution dans Le Monde 
d'une photographie du président Bouteflika qui a déplu à Alger.  
    "L'ambassadeur a expliqué que les lignes éditoriales d'un 
journal sont fixées par l'équipe éditoriale, ce qui n'a rien à 
voir avec le gouvernement", rapporte un diplomate français. "Les 
Algériens voulaient faire passer le message de leur irritation. 
On a pris note de leurs observations."  
    Dans un communiqué, le ministère des Affaires étrangères 
algérien a évoqué "une campagne de presse hostile à l'Algérie et 
à ses institutions menée en France dans différents médias". 
    Jeudi, le ministre algérien de l'Intérieur et des 
Collectivités locales, Nouredine Bedoui, a évoqué "une ligne 
rouge à ne pas franchir".   
    Manuel Valls est attendu samedi à Alger pour une visite de 
deux jours qui portera notamment sur la lutte contre le 
terrorisme et les relations commerciales. L'Algérie cherche à 
diversifier son économie, très dépendante des hydrocarbures. 
 
 (Elizabeth Pineau, avec John Irish, édité par Yves Clarisse) 
 
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  • brinon1 le vendredi 8 avr 2016 à 19:29

    "L'Algérie cherche à diversifier son économie, très dépendante des hydrocarbures", on croit rêver ! nous avons vu beaucoup de choeses en DZ, heureusement de notre vivant nous ne verrons pas comment ce sera dans 30 ou 40 ans.

  • manx750 le vendredi 8 avr 2016 à 17:33

    l'Algérie est une grande démocratie et ses dirigeants des politiciens intègres; à Paris ils apprécient d'acheter des immeubles avenue Foch, parce qu'ils aiment le beau et le propre. Le Monde a bien tort de remettre en cause l'intégrité des ministres de ce beau pays socialiste.

  • vnetter le vendredi 8 avr 2016 à 17:29

    Expulsons quelques milliers des leurs, il y a le choix (dans la pègre, si possible)