L'Algérie envisage de permettre la privatisation des banques

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    par Hamid Ould Ahmed 
    ALGER, 25 septembre (Reuters) - Le gouvernement algérien 
envisage de permettre aux principales banques publiques du pays 
de s'introduire en Bourse afin de développer leurs activités de 
marchés et de diversifier leurs sources de financement pour 
compenser l'impact de la chute des recettes pétrolières, a-t-on 
appris d'une source haut placée au sein de l'administration.  
    Le projet donnerait à des investisseurs étrangers la 
possibilité de devenir majoritaires au capital de certaines 
banques algériennes, ce qui leur est pour l'instant impossible, 
a précisé cette source à Reuters. 
    Les six banques publiques algériennes représentent la 
majeure partie du secteur tandis que les banques françaises, 
comme Société générale  SOGN.PA  et BNP Paribas  BNPP.PA , 
figurent parmi les institutions étrangères les mieux placées 
dans le pays. 
    L'économie algérienne, très centralisée et dans laquelle 
l'Etat joue encore un rôle de tout premier plan, reste 
dépendante du secteur de l'énergie, qui assure à lui seul 60% 
des recettes budgétaires. Mais la chute du prix du pétrole 
depuis 2014 a conduit les autorités à rechercher de nouvelles 
sources de financement.  
    "L'ère du baril à 100 dollars est révolue. Nous n'avons pas 
d'autre choix que de changer de politique", a dit la source, qui 
a requis l'anonymat. "Les réformes se feront lentement mais on 
ne repartira pas en arrière." 
    Avec plus de 130 milliards de dollars (116 milliards 
d'euros) de réserves de change et une dette extérieure faible 
(moins de 3% du PIB en 2014 selon les données de la Banque 
mondiale), l'Algérie est en meilleure santé financière que 
qu'autres producteurs d'hydrocarbures.  
    Le gouvernement a néanmoins dû augmenter la pression fiscale 
et les prix des carburants, largement subventionnés, un début de 
remise en cause du système de soutien public à l'économie et à 
la consommation qui a longtemps contribué à apaiser les tensions 
sociales. 
     
    LA RÈGLE DES 51/49 REMISE EN CAUSE ? 
    Les partisans de la règle plafonnant à 49% les 
participations étrangères au capital des banques et d'un strict 
contrôle des changes estiment que ces mécanismes permettent de 
protéger des secteurs stratégiques mais d'autres justifient leur 
remise en cause par la nécessité de relancer la croissance et 
l'investissement.  
    Alger avait déjà envisagé d'ouvrir le secteur bancaire aux 
capitaux étrangers en 2007, annonçant la vente de la majorité du 
capital du Crédit populaire d'Algérie (CPA) avant de renoncer 
deux jours seulement avant la date limite pour le dépôt des 
offres, arguant alors de la crise financière internationale. 
Deux ans plus tard, la règle des 51/49 entrait en vigueur.  
    Le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque mondiale 
ont depuis appelé à plusieurs reprises l'Algérie à réformer son 
secteur bancaire et à moderniser son marché boursier pour 
attirer de nouveaux investisseurs.  
    Il est toutefois difficile de prédire si d'éventuelles 
privatisations bancaires attireraient des capitaux étrangers. En 
juin, un projet d'introduction en Bourse de la Société des 
ciments de Ain El Kebira a ainsi été abandonné faute de demande. 
    La Bourse d'Alger ne compte que cinq sociétés cotées et la 
liquidité y est très faible comparée à celle des marchés 
marocains et tunisien. 
    La modification de l'encadrement du capital des banques 
figure dans le projet de budget 2017 actuellement en débat au 
Parlement, qui devra être approuvé par les députés puis par le 
président Abdelaziz Bouteflika.  
    Le texte prévoit que les banques qui voudront s'introduire à 
la Bourse d'Alger devront obtenir un "feu vert préalable" de la 
banque centrale avant toute initiative susceptible de faire 
passer plus de 49% de leur capital dans des mains étrangères. 
     
 
 (Marc Angrand pour le service français) 
 

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  • M940878 il y a 3 mois

    il faudrait que Boutéflika pense à payer sa dette à la Sécu , plus de deux millions d'euros

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