L'alcool pris pour cible à Sidi Bouzid

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REPORTAGE - La mouvance radicale s'impose dans le berceau du printemps arabe.

Ce jeudi soir Wahab et ses acolytes ont de la chance. Ils n'auront pas à rouler 30 kilomètres jusqu'à Sbleita pour trouver de la bière, les vendeurs au marché noir ont pu se renflouer. Depuis une semaine, les habitants de Sidi Bouzid (centre de la Tunisie), pour qui l'alcool est plus agréable que les règles de l'islam, doivent composer avec la fermeture des quatre débits de boissons légaux, imposée par les salafistes de la ville qui a vu naître le printemps arabe.

«Tu vois ces deux portables, ils sont pleins de numéros de revendeurs au noir», rigole Wahab. Après une demi-heure de coups de fil et d'allers-venues dans leur camionnette aux vitres fumées et crachant du raï algérien, Wahab, 25 ans, serveur dans un snack, Fawzi instituteur de 30 ans et leurs deux copains, Khaled et Talal, parviennent à mettre la main sur une trentaine de Celtia, la bière nationale. Un dinar et demi (75 centimes d'euros) la canette quand, avant cette «prohibition», elle ne coûtait qu'un

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