L'Albanie refuse de détruire les armes chimiques syriennes

le
1

TIRANA (Reuters) - L'Albanie n'accueillera pas sur son sol les opérations de destruction des armes chimiques syriennes, comme les Etats-Unis le lui avaient demandé, a annoncé vendredi le Premier ministre Edi Rama.

"Il est impossible pour l'Albanie de s'impliquer dans cette opération", a déclaré le chef du gouvernement de Tirana dans une allocution télévisée, invoquant un manque de moyens techniques.

L'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC) voudrait faire sortir de Syrie la majeure partie des armes chimiques d'ici le 31 décembre, en vue de leur destruction totale à l'étranger avant la fin de l'an prochain.

Le 15 novembre avait été fixé comme date limite pour rendre publics les moyens de se débarrasser de 1.300 tonnes de gaz de combat -gaz sarin, gaz moutarde et autres agents innervants- de l'arsenal syrien.

L'OIAC a pris note de la décision albanaise. "Les Etats-Unis ont d'autres possibilités", a tenu à préciser une source proche de l'organisation.

Une réunion du conseil exécutif de l'OIAC, prévue ce vendredi à La Haye, avait été repoussée dans l'attente de la décision albanaise.

Washington espérait obtenir l'accord des autorités de Tirana, qui s'étaient débarrassées en 2004 de leur propre stock hérité de l'époque communiste, mais cette idée a suscité de vives réticences en Albanie.

Le Premier ministre albanais avait dans un premier temps paru favorable à la demande américaine, soulignant qu'elle était assortie d'une compensation financière dont le pays a besoin. Il a finalement changé d'avis en raison de l'opposition croissante d'une partie de la population.

Vendredi, comme la veille, des centaines de manifestants se sont rassemblés à Tirana pour dire leur opposition à la destruction de ces armes chimiques sur le sol albanais.

Les opposants au projet ont fait valoir que les Occidentaux exploitent la faiblesse des pays pauvres des Balkans et font miroiter à l'Albanie la perspective d'une entrée dans l'Union européenne qu'elle appelle de ses voeux.

Benet Koleka, avec Anthony Deutsch à La Haye et Louis Charbonneau à l'Onu; Guy Kerivel pour le service français, édité par Gilles Trequesser

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
  • nayara10 le samedi 16 nov 2013 à 00:14

    Si Francisco leur donne quelque milliard$ l'ffaire est dans le sac...