L'AKP s'apprête à remplacer Davutoglu en Turquie-sources

le , mis à jour à 23:01
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    ANKARA, 4 mai (Reuters) - Le Parti de la justice et du 
développement (AKP) organisera dans les semaines à venir un 
congrès extraordinaire lors duquel son président, le Premier 
ministre turc Ahmet Davutoglu, ne sollicitera pas de nouveau 
mandat, a-t-on appris auprès de hauts responsables de la 
formation politique au pouvoir. 
    Cette mise à l'écart devrait signifier la fin de son mandat 
de Premier ministre, le chef de l'AKP, au pouvoir depuis 2002 en 
Turquie, ayant toujours été également à la tête du gouvernement. 
    La décision a été prise après une rencontre d'une heure et 
demi entre Ahmet Davutoglu et le président Recep Tayyip Erdogan. 
    Les deux hommes entretiennent une relation tendue depuis que 
Davutoglu a succédé en 2014 à Erdogan au poste de Premier 
ministre, quand ce dernier a été élu président.  
    Le chef de l'Etat veut instaurer un régime présidentiel fort 
qu'il justifie par sa volonté d'épargner à la Turquie les 
querelles partisanes qui ont entravé le développement du pays 
dans les années 1990. Ses détracteurs y voient surtout un moyen 
de combler de hautes ambitions personnelles.  
    Un tel système présidentiel signifierait la mise sur la 
touche de Davutoglu, ancien diplomate aux manières beaucoup plus 
policées que le président. 
    Les divergences entre le chef de l'Etat et son successeur à 
la tête de l'AKP sont devenues de plus en plus visibles ces 
derniers temps sur un certain nombre de sujets, qu'il s'agisse 
des relations avec l'Europe ou de la mise en détention 
d'opposants. 
    Signe de la lutte de pouvoir en cours, Ahmet Davutoglu s'est 
vu retirer la semaine dernière le pouvoir de nommer les 
responsables provinciaux de l'AKP.  
    "Le président et le Premier ministre ont trouvé un terrain 
d'entente sur le congrès (...). Je ne pense pas que Davutoglu 
sera à nouveau candidat", a dit une source à Reuters qui a 
précisé que le congrès serait organisé le 21 mai au plus tôt et 
le 6 juin au plus tard, date à laquelle commencera le mois de 
ramadan. 
    Un départ d'Ahmet Davutoglu plongerait la Turquie dans une 
nouvelle zone de turbulences alors qu'elle est confrontée à un 
retour de la rébellion kurde et à la propagation du conflit 
syrien à sa frontière sud.  
    La livre turque a cédé plus de 4% contre le dollar, tombant 
à son plus bas niveau depuis février, à l'annonce de cette 
décision de l'AKP.  
 
 (Orhan Coskun et Ercan Gurses,; Nicolas Delame et Jean-Stéphane 
Brosse pour le service français) 
 
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