L'AKP en passe de retrouver la majorité absolue en Turquie

le , mis à jour à 18:12
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LES RÉSULTATS PARTIELS DONNENT L'AKP LARGEMENT EN TÊTE EN TURQUIE
LES RÉSULTATS PARTIELS DONNENT L'AKP LARGEMENT EN TÊTE EN TURQUIE

par Jonny Hogg et Daren Butler

ANKARA/ISTANBUL (Reuters) - Le Parti de la justice et du développement (AKP) du président Recep Tayyip Erdogan semble en passe d'obtenir la majorité absolue au Parlement turc, selon la chaîne de télévision publique TRT.

Sur deux tiers de bulletins comptabilisés, le parti islamo-conservateur est crédité de 51,9% des voix, dit TRT. Le CHP (parti social-démocrate d'inspiration kémaliste), principal parti d'opposition, obtiendrait de son côté 22,5% contre 11,4% aux ultra-nationalistes du MHP.

Si ces résultats se confirment, l'AKP pourra gouverner seul.

C'est la seconde fois en cinq mois que les électeurs étaient appelés à désigner leurs députés. En juin dernier, l'AKP avait perdu la majorité absolue qu'il détenait depuis 2002.

Un cadre du CHP a reconnu qu'à la vue de ces résultats, il n'y avait aucune probabilité que l'AKP se retrouve contraint de former une coalition gouvernementale.

Quant au parti pro-kurde HDP, il recueillerait 10,5% des voix.

Un haut responsable du HDP a qualifié les résultats partiels de décevants, tout en soulignant qu'il serait représenté au Parlement puisqu'il semble avoir franchi le seuil des 10%.

CAMPAGNE DISCRÈTE

D'une élection à l'autre, la Turquie, qui doit également faire face aux conséquences de la guerre en Syrie voisine, a été le théâtre d'une série d'attentats meurtriers. A Suruç, près de la frontière syrienne, un kamikaze a fait 34 morts en juillet. A Ankara, le 10 octobre dernier, deux activistes de l'Etat islamique se sont fait exploser au milieu d'une manifestation pacifiste, faisant plus de 100 morts.

Dans le même temps, le président Erdogan a déclaré une "guerre synchronisée" à la fois contre l'Etat islamique en Syrie mais aussi et surtout contre les séparatistes kurdes du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK). Le cessez-le-feu qui était en vigueur depuis 2012 a volé en éclats.

Au milieu de cette tension, la campagne électorale est restée très discrète: peu d'affiches, peu de drapeaux et peu de bus de campagne sillonnant les rues.

Recep Tayyip Erdogan a présenté ce scrutin comme un tournant pour la Turquie. "Cette élection, a-t-il dit samedi après avoir prié dans une nouvelle mosquée d'Istanbul, portera sur la poursuite de la stabilité et de la confiance."

Le dirigeant historique du parti islamo-conservateur ne fait pas mystère de sa volonté de transformer la Turquie en un régime présidentiel, mais une telle modification de la Constitution requiert une majorité qualifiée qui semble hors d'atteinte.

(Avec Humeyra Pamuk, Ayla Jean Yackley et Can Barut à Ankara et Melih Aslan in Istanbul; Nicolas Delame, Henri-Pierre André et Danielle Rouquié pour le service français)

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