L'AIE pense que les cours du pétrole vont encore souffrir

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LES PRIX DU PÉTROLE DEVRAIENT ENCORE SOUFFRIR
LES PRIX DU PÉTROLE DEVRAIENT ENCORE SOUFFRIR

LONDRES (Reuters) - Le déséquilibre entre l'offre et la demande de pétrole risque de s'aggraver et de peser un peu plus sur les cours, prédit l'Agence internationale de l'Energie (AIE), qui réduit sa prévision de croissance de la demande mondiale en 2015 et s'attend à une hausse de la production des pays hors Opep.

L'AIE, qui contribue à la coordination des politiques énergétiques des pays industrialisés, a réduit de 230.000 barils par jour (bpj) sa prévision de croissance de la demande mondiale de pétrole en 2015, à 0,9 million bpj.

Dans son rapport mensuel publié vendredi, elle anticipe une consommation plus faible en Russie et dans d'autres pays exportateurs tandis que la demande dans les pays de l'OCDE devrait pâtir de la morosité économique, des pressions déflationnistes et de la faible progression des salaires.

En conséquence, la prévision de demande adressée en 2015 à l'Opep est réduite de 300.000 bpj, à 28,9 millions de bpj, ce qui est inférieur de plus d'un million de bpj à la production actuelle du cartel des exportateurs.

La demande de pétrole adressée à l'Opep va en outre connaître un creux saisonnier au premier trimestre 2015, ce qui va entraîner un fort accroissement des stocks.

Si aucun facteur ne vient perturber cette tendance, l'AIE estime que les stocks mondiaux devraient gonfler de quasiment 300 millions de barils au cours du premier semestre 2015.

"Si la moitié de cela se produit dans l'OCDE, les stocks pourraient y approcher 2.900 millions de barils et probablement se heurter aux limites des capacités de stockage", écrit l'AIE.

L'agence juge en outre qu'il est prématuré de penser que la faiblesse des cours va commencer à significativement contenir l'expansion de la production en Amérique du Nord.

Pour l'AIE, l'effondrement actuel des cours, le Brent étant passé de 115 dollars le baril à moins de 65 dollars en à peine six mois, est la conséquence de plusieurs années de prix élevés, qui ont entraîné une croissance effrénée de la production hors Opep et une contraction de la demande mondiale.

(Dmitri Zhdannikov et Christopher Johnson, Bertrand Boucey pour le service français, édité par Patrick Vignal)

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