L'aide turque entre en Syrie pour aider les réfugiés d'Alep

le
0
    par Humeyra Pamuk et Lisa Barrington 
    ONCUPINAR, Turquie/BEYROUTH, 7 février (Reuters) - Des 
camions et des ambulances venant de Turquie sont entrés dimanche 
en Syrie pour apporter de la nourriture et de l'aide aux 
populations qui fuient Alep et ses combats tandis que des 
frappes aériennes visaient des villages plus au nord. 
    Les forces syriennes appuyées par les frappes aériennes 
russes ont intensifié ces derniers jours la pression sur les 
secteurs d'Alep tenus par les rebelles où vivent toujours 
quelque 350.000 personnes. Des travailleurs humanitaires ont 
indiqué que la ville, qui était la plus importante de Syrie 
avant la guerre, pourrait bientôt tomber. 
    Selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), 
une ONG qui fournit un point quotidien sur la guerre civile, des 
frappes aériennes, apparemment en provenance d'avions russes, 
ont touché dimanche des zones autour des villages de Bachkoy, 
Haritan et Kfr Hamra, au nord d'Alep. Ces deux derniers villages 
sont proches de la route menant à la Turquie. 
    L'intervention russe a fait basculer l'équilibre des forces 
en présence en faveur du camp du président Bachar al Assad, en 
faisant perdre aux rebelles le terrain gagné l'an dernier. 
    "Dans certaines parties d'Alep, le régime d'Assad a coupé le 
couloir nord-sud (...) La Turquie est menacée", a déclaré le 
président turc Recep Tayyip Erdogan cité par le quotidien 
Hurriyet. Il s'exprimait devant les journalistes à bord d'un 
avion qui le ramenait d'une visite en Amérique Latine. 
    Les Etats arabes sunnites de la région, qui, comme la 
Turquie, veulent voir Bachar al Assad quitter le pouvoir, se 
sont dits prêts à intervenir avec des troupes au sol, pour peu 
que leur action soit coordonnée au niveau international. 
    Les Emirats arabes unis (EAU) ont indiqué dimanche être 
prêts à envoyer des troupes au sol en Syrie dans le cadre d'une 
coalition internationale.   
    L'Arabie saoudite, alliée des Etats-Unis dans la région, a 
dit la semaine dernière être prête à participer à des opérations 
au sol en Syrie si la coalition internationale menée par 
Washington décidait de lancer ce genre d'opération.  L8N15J5WP  
     
    DANS LES ALLÉES BOUEUSES 
    La prise totale d'Alep serait une étape stratégique 
d'importance pour le gouvernement syrien dans cette guerre 
civile qui, en cinq ans, a tué 250.000 personnes et fait 11 
millions de déplacés. La prise d'Alep pourrait pousser une 
nouvelle vague massive de réfugiés vers la frontière turque. 
    La Turquie, qui accueille déjà plus de 2,5 millions de 
Syriens ayant fui la guerre, fait l'objet de pressions 
grandissantes de la part de l'Union européenne pour endiguer 
l'afflux de migrants. 
    Selon les chiffres donnés samedi par le ministre turc des 
Affaires étrangères Mevlut Cavusoglu après une réunion avec les 
ministre des Affaires étrangères de l'UE à Amsterdam, 55.000 
personnes environ sont en train de fuir vers la Turquie. 
    La politique d'ouverture des frontières de la Turquie sera 
maintenue, a-t-il dit. 
    Au point de passage d'Oncupinar, qui est pratiquement fermé 
depuis près d'un an, les nouveaux arrivants sont installés dans 
des camps du côté syrien de la frontière. 
    "Si ceux-là sont venus à nos portes et qu'ils n'ont pas 
d'autre choix, si c'est nécessaire, nous laisserons entrer ces 
frères, nous devons le faire", a déclaré Recep Tayyip Erdogan. 
    A Oncupinar, un responsable de la Fondation pour l'aide 
humanitaire (IHH), une ONG turque, explique que sa priorité pour 
l'instant est de faire parvenir l'aide alimentaire et médicale 
du côté syrien de la frontière. Il explique que ses équipes sont 
en train de mettre en place un nouveau camp. 
    Dans un camp en territoire syrien non loin de là, à Bab al 
Salama, des enfants jouent dans les allées boueuses entre des 
rangées de tentes battues par la pluie. Certaines sont déchirées 
et pleines de boue, mais d'autres semblent nouvelles. 
    Le drapeau de l'Armée syrienne libre (ASL) flotte au-dessus 
de la route menant vers la ville syrienne d'Azaz, le long de 
laquelle cheminent de nombreux déplacés ces derniers jours. Des 
combattants rebelles armés de Kalachnikov sont visibles dans les 
parages. 
 
 (Avec Mehmet Emin Caliskan à Bab al-Salama, Asli Kandemir à 
Istanbul et William Maclean à Abu Dhabi; Danielle Rouquié pour 
le service français) 
 
Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant