L'aide pour la Grèce risque de n'être qu'un bref répit

le
5
L'AIDE POUR LA GRÈCE RISQUE DE N'ÊTRE QU'UN BREF RÉPIT, SELON DES ANALYSTES
L'AIDE POUR LA GRÈCE RISQUE DE N'ÊTRE QU'UN BREF RÉPIT, SELON DES ANALYSTES

par Ingrid Melander

ATHENES (Reuters) - La plus grande restructuration de dette jamais entreprise risque de ne représenter qu'un bref répit pour une Grèce, pays en situation de récession, qui doit supporter de surcroît l'incertitude d'un prochain scrutin.

La Grèce a écarté vendredi le risque d'un défaut imminent, grâce à la forte participation de ses créanciers privés à l'échange d'obligations qui permettra au pays de réduire son endettement d'un centaine de milliards d'euros et de bénéficier d'un deuxième plan d'aide international d'un montant de 130 milliards d'euros.

"Cet échange ne règle en rien la situation de la Grèce", estime Holger Schmieding, économiste chez Berenberg Bank. "Evidemment, sans lui, la Grèce serait au fond du trou mais son problème c'est le retour à la croissance; sans cela, aucune charge de la dette n'est gérable".

On estime que le produit intérieur brut (PIB) grec s'est contracté de 15% environ depuis 2008. Plus d'un emploi sur dix a disparu et plus de la moitié des jeunes sont sans emploi.

Les nouvelles mesures d'austérité convenues en échange d'une nouvelle aide internationale, comme réduire de 20% le salaire minimum, risquent de plonger le pays un peu plus dans la récession. Il serait alors impossible pour le gouvernement d'atteindre les objectifs budgétaires fixés par les bailleurs de fonds internationaux en échange de leur aide.

"Le risque est grand que plus d'austérité ne mette le pays à genoux", dit Diego Iscaro (ISH Gloal Insight), jugeant que la situation sociale pourrait devenir "explosive" si le chômage continue d'augmenter dans un pays qui connaît presque quotidiennement des manifestations anti-austérité.

Austérité et retards apportés à la réforme de l'Etat ont rendu la récession plus profonde que ne le prévoyaient l'Union européenne et le Fonds monétaire international depuis 2010.

Athènes a de plus systématiquement raté ses objectifs budgétaires et n'a cessé de rétrograder pour ne plus occuper que le 90e rang sur les 142 pays figurant dans l'indice de compétitivité du Forum économique mondial.

"La raison principale pour laquelle la Grèce reste dans la zone euro est parce que l'autre choix est vraiment mauvais. Mais si on continue de presser sans donner un peu d'air à l'économie, tôt ou tard les gens en auront assez", ajoute Diego Iscaro.

RESTRUCTURATION PLUS SÉVÈRE

Les sondages montrent qu'une majorité de Grecs restent attachés à l'appartenance à la zone euro mais ils sont de plus en plus nombreux à être tentés de voter pour des partis qui s'opposent aux réformes attachées à l'aide internationale, lors d'élections anticipées qui pourraient se tenir dès la fin avril.

"S'il y a des élections en avril ou en mai, les marchés financiers resteront à peu près aussi nerveux vis-à-vis de la Grèce qu'ils l'ont été durant deux ans et demi", observe Holger Schmieding. "Ce serait un élément d'incertitude énorme pour la Grèce et pour l'Europe".

Même si ce scrutin aboutissait à une nouvelle coalition entre parti de la Nouvelle Démocratie et socialistes du Pasok et si celle-ci entendait mener les réformes à bien, elle pourrait se retrouver cible d'une pression populaire énorme si les bailleurs de fonds exigeaient de nouveaux sacrifices à l'occasion de leurs inspections trimestrielles.

"Si la troïka (UE, FMI, Banque centrale européenne) dit: 'Vous êtes en retard et il faut mettre en place pour x milliards de mesures d'austérité', ça risque d'être l'étincelle qui met le feu aux poudres", dit Ben May (Capital Economics).

Dans un rapport confidentiel, l'UE et le FMI préviennent que le plan de renflouement peut facilement dérailler et la dette revenir à son niveau pré-échange si la Grèce continue à manquer ses objectifs ou si la récession est encore plus sévère que prévu.

Même si le plan de renflouement parvient à ramener la dette de la Grèce à 120% du PIB d'ici 2020 contre 160% environ actuellement, ce nouveau pourcentage n'est pas considéré comme gérable sur le long terme.

"Nous pensons qu'il faut se préparer à une restructuration plus sévère à un moment ou à un autre, qui impliquera sans doute les créanciers publics", ajoute Ben May. "Ce serait la seule manière d'abaisser la dette grecque de manière significative".

Le problème est aussi que la Grèce n'a pas un bon bilan quant aux réformes qu'elle était censée entreprendre au vu du premier plan de renflouement et dans ce cas, les bailleurs de fonds risquent d'être bien moins coulants lors de leurs inspections trimestrielles.

"Si la Grèce continue à rater ses objectifs, tout ou tard la troïka risque de perdre patience et de couper le robinet du crédit", observe Diego Iscaro.

Avec Renee Maltezou, Wilfrid Exbrayat pour le service français, édité par Benoît Van Overstraeten

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
  • michal25 le lundi 12 mar 2012 à 09:27

    mais non, "les problémes de la grece c'est du passé"N.Sarkozy 09/03/2012

  • marshaka le lundi 12 mar 2012 à 09:22

    Mais non, surper ben va sortir son hélico et Wall Street va monter jusqu'au ciel

  • danne007 le lundi 12 mar 2012 à 09:10

    Encore un peu monter jusqu'à 3540 points et puis tous aux abris......

  • M7210200 le lundi 12 mar 2012 à 09:05

    le grand krach approche

  • aidecrea le lundi 12 mar 2012 à 09:00

    On peut faire comme si l'on ne savait pas, que ça monte encore, durant quelques mois...