L'aide humanitaire toujours attendue à Alep, la trêve menacée

le , mis à jour à 15:48
0
    * L'est d'Alep toujours assiégé 
    * L'aide humanitaire reste bloquée 
    * Damas en est responsable, selon l'Onu 
    * La France veut connaître les détails la trêve 
    * Les USA ne tiennent pas leurs engagements selon Moscou 
 
 (Actualisé tout du long) 
    par Tom Perry et Tom Miles 
    BEYROUTH/GENEVE, 15 septembre (Reuters) - Les forces 
gouvernementales syriennes et les rebelles étaient toujours 
positionnés jeudi le long la route Castello, qui mène de la 
frontière turque à Alep, ce qui empêche l'arrivée de l'aide 
humanitaire dans les quartiers assiégés et menace la trêve 
entrée en vigueur lundi soir.   
    L'acheminement d'aide fait partie des mesures prévues dans 
le cadre de ce cessez-le-feu négocié par les Etats-Unis et la 
Russie, que l'armée et les rebelles s'accusent mutuellement de 
ne pas respecter. 
    L'émissaire de l'Onu pour la Syrie à imputé le retard pris 
sur ce point au gouvernement syrien. "Nous avons un problème. Le 
gouvernement, je répète, le gouvernement devait fournir des 
lettres de facilitation, c'est un terme bureaucratique pour des 
permis, des autorisations", a déclaré Staffan de Mistura, 
s'adressant à la presse à Genève. 
    "Ces lettres de facilitation, autrement dit, l'autorisation 
finale pour l'Onu d'atteindre effectivement les zones (ayant 
besoin d'aide), n'ont pas été reçues", a-t-il ajouté. 
    Jan Egeland, son conseiller pour les affaires humanitaires, 
a quant à lui estimé que l'aide pourrait parvenir en fin de 
semaine dans des zones assiégées telles que Mouadamiyah, Al 
Ouaer et Douma, à condition que les autorisations soient 
délivrées. 
    "Les gens biens nourris peuvent-ils - de grâce - cesser de 
mettre des obstacles politiques, bureaucratiques et procéduriers 
en travers de la route du courageux personnel humanitaire qui 
est prêt à aider femmes, enfants et blessés dans les zones 
assiégées et prises entre deux feux ?", a-t-il plaidé, avant de 
renvoyer les deux camps dos à dos.    
    "Si nous ne sommes pas dans l'est d'Alep, c'est une fois de 
plus à cause d'une combinaison de discussions très délicates et 
détaillées sur les contrôles de sécurité et le passage de 
barrages routiers - ce qui dépend à la fois de l'opposition et 
du gouvernement", a ajouté le diplomate, interrogé par Reuters. 
     
    PARIS S'INTERROGE 
    La France a de son côté demandé que le texte de l'accord 
russo-américain, jusqu'ici gardé secret, soit communiqué aux 
alliés pour en connaître toutes les dispositions et éviter toute 
confusion dans les futures frappes aériennes contre les groupes 
exclus de la trêve, a-t-on appris dans l'entourage du ministre 
des Affaires étrangères Jean-Marc Ayrault.   
    Selon Zakaria Malahifdji, membre du groupe Fastakim présent 
à Alep, les rebelles sont prêts à se retirer de la route 
Castello mais redoutent que les forces pro-gouvernementales n'en 
profitent. "Le retrait est censé avoir lieu aujourd'hui et 
l'arrivée de l'aide demain. C'est ce qui est censé se produire 
mais il n'y a rien pour nous donner espoir", a-t-il déploré.  
   "Si le régime recule de 500 m à l'est et à l'ouest (de la 
route), nos combattants seront en mesure de se retirer un petit 
peu. Mais le régime ne répond pas. Nos hommes peuvent voir ses 
positions", a poursuivi Malahifdji.  
    Pour Rami Abdoulrahmane, directeur de l'Observatoire syrien 
des droits de l'homme (OSDH), l'armée syrienne et les rebelles 
sont censés se retirer simultanément. 
    "Le régime est prêt à se retirer mais il ne bougera pas 
avant que l'opposition commence à le faire", a-t-il déclaré. 
    De son côté, le ministère russe de la Défense reproche aux 
Etats-Unis de se montrer réticents à remplir les engagements 
pris dans le cadre de la trêve, notamment celui qui suppose de 
distinguer les groupes rebelles modérés des organisations jugées 
terroristes. 
    Selon lui, seule l'armée syrienne respecte le cessez-le-feu 
alors que les composantes de l'opposition "contrôlées par les 
USA" ont intensifié leurs bombardements de zones civiles. 
    Le vice-ministre russe des Affaires étrangères, Guennadi 
Gatilov, a néanmoins estimé possible, jeudi, une reprise des 
négociations politiques entre le gouvernement de Damas et 
l'opposition à la fin du mois, selon des propos rapportés par 
l'agence Interfax. 
    Trois cent mille personnes se trouveraient dans la partie 
orientale d'Alep aux mains des insurgés et plus d'un million 
vivent à l'ouest. Deux convois d'aide humanitaire ont franchi la 
frontière turque et attendent le feu vert pour gagner la ville. 
    Lorsqu'ils l'auront, 20 camions se rendront d'abord à Alep 
et, s'ils y parviennent sans encombres, le deuxième convoi 
partira à son tour, a fait savoir l'Office de coordination des 
affaires humanitaires de l'Onu (OCHA). Ils doivent acheminer de 
quoi nourrir 80.000 personnes pendant un mois.   
     
 
 (Pierre Sérisier et Jean-Philippe Lefief pour le service 
français, édité par Tangi Salaün) 
 
Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant