L'aide climat de la France néglige les pays pauvres-rapport

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PARIS, 6 octobre (Reuters) - L'aide publique accordée par la France au titre de la lutte contre le réchauffement climatique a jusqu'ici très peu bénéficié aux pays les moins avancés (PMA), selon un rapport de la commission des finances du Sénat. Ces financements "climat", essentiellement distribués par l'Agence française du développement (AFD), se sont élevés à 13,2 milliards d'euros entre 2007 et 2014, écrivent les sénateurs Fabienne Keller (Républicains) et Yvon Collin (divers gauche). Or, sur ce montant, 7,74 milliards, soit près de 60% du total, sont allés à dix pays (Inde, Maroc, Indonésie, Mexique, Afrique du Sud, Chine, Kenya, Egypte, Brésil et Turquie) dont aucun ne fait partie des PMA. Les 32 PMA qui ont reçu ce type d'aide n'ont reçu dans le même temps que 1,1 milliard d'euros, précise le rapport. Ses auteurs mettent le doigt sur deux autres failles du dispositif français. La première est un fort déséquilibre entre les financements octroyés à des projets de réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES) et ceux destinés à l'adaptation des économies des pays destinataires au réchauffement climatique. "Au total, sur la période (2007-2014), les engagements en matière d'adaptation n'ont représenté que 12% des engagements climat de l'AFD", écrivent les deux rapporteurs. Or, la préférence des PMA va aux financements en matière d'adaptation au changement climatique, dans la mesure où ils sont eux-mêmes relativement peu émetteurs de GES. Le rapport constate d'autre part que l'AFD recourt essentiellement à des prêts, les dons représentant en 2014 à peine 10% des fonds alloués à l'aide à la réduction des GES et à l'adaptation au réchauffement climatique. A quelques semaines de la conférence climat de Paris, où le financement de l'aide aux pays en développement et aux PMA sera l'une des clefs d'un accord sur la limitation du réchauffement climatique, les auteurs du rapport font deux propositions. Ils suggèrent que la France consacre désormais au minimum 20% de ses financements climat aux PMA à l'horizon 2020 et fasse en sorte que 20% de ces financements soient consacrés à des programmes d'adaptation au changement climatique. (Emmanuel Jarry, édité par Yves Clarisse)

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