L'aide à l'élevage, priorité de la politique agricole

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COURNON D'AUVERGNE, Puy-de-Dôme (Reuters) - François Hollande a annoncé mercredi aux agriculteurs un rééquilibrage des aides en faveur des éleveurs, qui verront leur enveloppe revalorisée à hauteur de près d'un milliard d'euros.

"J'ai fait des choix pour que l'élevage soit la priorité de notre politique agricole", a-t-il déclaré dans un discours après une longue visite du salon de Cournon d'Auvergne, près de Clermont-Ferrand, où il a été chahuté par des visiteurs à plusieurs reprises.

L'ensemble du train de mesures annoncé représente selon le chef de l'Etat "près d'un milliard d'euros par an, avec des effets significatifs pour les revenus des éleveurs".

François Hollande a notamment annoncé une revalorisation de l'aide aux premiers hectares pour maintenir plus d'exploitations sur le territoire, fixant comme objectif une hausse de 20% à horizon 2018 "avec une évaluation à mi-parcours".

François Hollande a ainsi choisi de donner priorité aux éleveurs, traditionnellement moins bien lotis que les céréaliers dans l'Europe verte, et aux petites exploitations jusqu'à 52 hectares, la moyenne française.

"L'élevage c'est un investissement pour l'avenir et laisser les éleveurs dans la situation d'aujourd'hui avec des revenus plus bas que dans le reste de la profession avec des aléas plus élevés, des contraintes plus lourdes, c'est affaiblir l'ensemble de l'agriculture française", a-t-il déclaré.

Il s'est félicité d'avoir bien négocié l'enveloppe de la Politique agricole commune réservée à la France, à 64 milliards d'euros pour la période 2014-2020. C'est une baisse de 2%, alors que l'Allemagne a par exemple vu sa dotation baisser de 7%.

"Nous avons tenu bon, non pas parce que nous avions simplement un intérêt national, nous n'aurions pas convaincu, mais parce que l'intérêt de l'Europe c'est d'avoir une agriculture forte", a-t-il dit.

DIGNITÉ

La nouvelle Pac prône une convergence des aides découplées, dont le versement n'est pas liée à la production, entre les agriculteurs les plus aisées et ceux moins favorisés.

Le président a annoncé une convergence progressive des aides à partir de 2015, qui atteindra 70% à la fin de la période.

"Pour nous, les aides doivent aller à l'activité, à la production. C'est la dignité et la reconnaissance du travail agricole", a dit le président.

"Qui peut encore justifier le maintien d'un système qui part de références historiques qui datent d'il y a plus de 20 ans?", a-t-il expliqué. "La franchise, c'est de dire que nous devrons changer de critères mais nous devrons aussi prendre le temps nécessaire pour ne pas bouleverser l'emploi, pour ne pas mettre en cause l'équilibre de certaines exploitations".

La Confédération paysanne, syndicat minoritaire classé à gauche, plaidait pour une convergence des aides "totale et rapide, 100% en 2019" alors que la Fédération nationale des syndicats d'exploitants agricoles (FNSEA), majoritaire, optait plutôt convergence partielle des aides de 60%.

Mais François Thabuis, président des Jeunes agriculteurs, s'est félicité des annonces du président.

"C'est bien, parce qu'on prend enfin en compte les hommes, et pas les hectares", a-t-il déclaré à Cournon d'Auvergne.

Accompagné notamment du ministre de l'Agriculture, Stéphane Le Foll, le chef de l'Etat a longuement arpenté les allées du salon de Cournon d'Auvergne, qui rassemble chaque année quelque 1.250 exposants, 2.000 animaux et 80.000 visiteurs.

Un peu plus d'un million de personnes participent à l'activité des 514.800 exploitations agricoles de la France, troisième exportateur européen agroalimentaire en valeur derrière l'Allemagne et les Pays-Bas.

Elizabeth Pineau, avec Sybille de la Hamaide, édité par Yves Clarisse

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