L'agroalimentaire fermement opposé à la taxe sur la bière

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Le Salon de l'alimentation (Sial) est marqué cette année par le climat électrique entre les professionnels et le gouvernement.

L'heure est à l'apaisement. Lundi, en remettant ensemble des prix récompensant l'innovation au Salon international de l'alimentation (Sial), Jean-René Buisson, président de l'Ania (Association nationale des industries alimentaires), et Guillaume Garot, ministre de l'Agroalimentaire, ont enterré la hache de guerre. On revient de loin. Vendredi dernier, Guillaume Garot avait qualifié le projet de doublement de la taxation sur la bière de «question de santé publique» sur LCI. Et sur la lutte contre l'obésité et l'amélioration des recettes: «Il y a encore du chemin à faire», avait-il déclaré.

De quoi mettre hors de lui Jean-René Buisson, qui avait alors décidé de boycotter l'inauguration du Salon, dimanche, aux côtés du ministre. Une première dans l'histoire du Sial. «Nous avons voulu montrer que nous ne pouvions pas être à la fois la vache à lait du système et l'objet de tous les dénigrements», explique Jean-René Buisson. Il aura fallu deux conversations franches ce week-end entre Jean-René Buisson et Guillaume Garot pour désamorcer la tension. Les deux hommes sont convenus de se voir toutes les trois semaines pour évoquer les chantiers du secteur. Et le ministre de l'Agriculture, Stéphane Le Foll, a assuré que l'Ania, qui a écrit début octobre à François Hollande, serait reçue avant Noël à l'Élysée.

Hausses de prix

L'annonce le mois dernier du doublement de la taxation sur la bière, moins d'un an après l'instauration de la taxe sodas, a créé un climat électrique, malgré l'exemption probable des petites brasseries. «On ne réglera pas les problèmes de la France par des taxes, fustige Christophe Bonno, président du pôle industriel des Mousquetaires (Intermarché). Après les sodas et la bière, taxera-t-on demain le gras? Pourquoi pas le sel, un jour?» Il est convaincu que les consommateurs trinqueront, les taxes entraînant des hausses de prix. «Il y a une diabolisation de l'industrie agroalimentaire qui est inacceptable, alors que nous avons en France des pratiques exemplaires en matière de reformulations de nos recettes», s'emporte un professionnel des boissons.

Dans les allées du Salon comme à Matignon, on parle aussi compétitivité. «Nous avons perdu des parts de marché, il est temps de réagir, confie Guillaume Garot au Figaro. Je veille à défendre le mieux possible nos entreprises et à leur donner des leviers pour qu'elles puissent gagner en compétitivité.» L'agroalimentaire sera l'une des «priorités» de la Banque publique d'investissement, assure Guillaume Garot.

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  • psebire4 le mardi 23 oct 2012 à 12:53

    Il faut s'attendre à ce que chacun proteste vigoureusement. Pour autant, j'ose espérer que le législateur vérifie très soigneusement les arguments et les pratiques, et s'informe sur ce que font les autres pays européens avant de décider, en leur âme et conscience, bien sûr.