L'agresseur de Joué-lès-Tours avait établi un testament

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L'AGRESSEUR DE JOUÉ-LÈS-TOURS AVAIT ÉTABLI UN TESTAMENT
L'AGRESSEUR DE JOUÉ-LÈS-TOURS AVAIT ÉTABLI UN TESTAMENT

PARIS (Reuters) - L'auteur de l'agression à l'arme blanche samedi de trois policiers du commissariat de Joué-lès-Tours (Indre-et-Loire) a laissé une sorte de testament accréditant la thèse d'une action terroriste, a indiqué lundi le procureur de Paris.

Les enquêteurs n'ont toutefois pas établi pour le moment si ce document était "en lien direct" avec l'attaque du commissariat, a précisé François Molins.

Les perquisitions ont permis de découvrir "ce qu'on pourrait qualifier de testament religieux non daté dans lequel est évoqué le règlement des dettes, au cas où, et dans lequel Bertrand demande à Allah de lui donner la force", a-t-il dit.

Brice, 19 ans, le frère de Bertrand, qui était surveillé pour ses positions radicales, a été arrêté au Burundi et placé en rétention préventive pour 14 jours, ce qui pourrait permettre aux enquêteurs français de l'entendre.

Trois policiers ont été blessés au couteau samedi par Bertrand, 20 ans, dit "Bilal", un jeune homme de nationalité burundaise et converti à l'islam depuis quelques années, qui a été ensuite abattu par les tirs de deux d'entre eux.

Contrairement à l'agression de piétons à Dijon par un déséquilibré qui a néanmoins dit avoir agi en pensant aux enfants de Palestine ou de Tchéchénie, la justice a retenu une qualification terroriste pour Joué-lès-Tours.

Une enquête a été ouverte en flagrance pour tentative d'assassinat sur personnes dépositaires de l'autorité publique en relation avec une entreprise terroriste et association de malfaiteurs en vue de préparer des actes terroristes.

La soeur des deux frères a été placée en garde à vue dès samedi, puis relâchée lundi, a indiqué François Molins.

Le procureur a précisé que Bertrand, condamné à sept reprises lorsqu'il était mineur, était connu des services spécialisés par le biais de Brice depuis que sa mère, s'inquiétant de la radicalisation de ce dernier, avait fait un signalement.

Il a confirmé que l'auteur de l'attaque avait diffusé des sourates du coran et critiqué l'islamophobie sur son compte Facebook, puis posté le 18 décembre un drapeau de l'Etat islamique, imitant en cela son frère.

La veille de son passage à l'acte, Bertrand a accompagné sa mère à l'aéroport de Roissy, d'où celle-ci devait prendre un vol pour le Rwanda. Il est rentré le samedi à Joué-lès-Tours pour déjeuner avec sa soeur, puis s'est rendu au commissariat, dont il a secoué le sas de sécurité avant de s'en prendre aux policiers.

(Gérard Bon, édité par Yves Clarisse)

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