L'agitation pro-russe s'accroït dans l'est de l'Ukraine

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DES PRO-RUSSES PROCLAMENT LA CRÉATION D'UNE RÉPUBLIQUE SÉPARATISTE DE DONETSK
DES PRO-RUSSES PROCLAMENT LA CRÉATION D'UNE RÉPUBLIQUE SÉPARATISTE DE DONETSK

par Richard Balmforth et Lina Kushch

DONETSK Ukraine (Reuters) - Les militants pro-russes qui occupent le siège du parlement régional à Donetsk, dans l'est de l'Ukraine, ont proclamé lundi la création d'une république séparatiste et demandé l'organisation d'un référendum d'autodétermination d'ici le 11 mai.

Les autorités de Kiev ont accusé le Kremlin d'être derrière ces manifestations, qui ont également eu lieu dimanche soir à Louhansk et à Karkhiv, et de vouloir "rejouer le scénario criméen". Elles ont mis en garde Moscou contre toute intervention militaire.

L'Otan a fait savoir qu'elle n'avait remarqué lundi aux frontières de l'Ukraine aucun mouvement suspect de troupes russes, dont les effectifs sont estimés à 40.000 hommes.

L'est de l'Ukraine est peuplé de nombreux russophones hostiles aux nouvelles autorités mises en place à Kiev depuis la chute du président Viktor Ianoukovitch fin février.

La Russie a annexé le 21 mars la péninsule de Crimée, peuplée majoritairement de russophones mais qui appartenait depuis 1954 à l'Ukraine.

Moscou s'est déclaré favorable à une "fédéralisation" de l'Ukraine afin de protéger les droits des Russes de souche mais pour Kiev cette solution ne pourrait que conduire à une partition du pays.

"SOVIET" ET DRAPEAU RUSSE

Dimanche soir, une centaine de militants pro-Kremlin se sont rendus maîtres du siège du pouvoir régional à Donetsk, ancien bastion du président déchu.

Réunis en "soviet" ("conseil") et brandissant le drapeau russe, ils ont proclamé sous les acclamations d'un millier de personnes une "République populaire" et averti qu'ils demanderaient à Moscou l'envoi de "soldats de la paix" en cas d'attaque des autorités de Kiev qu'ils jugent illégitimes.

Le Premier ministre ukrainien Arseni Iatseniouk a dit que ces actions s'inscrivaient dans le cadre d'un projet de déstabilisation ourdi par la Russie pour s'emparer de l'Est et prévoyant "que des soldats russes franchissent la frontière".

Il a dit avoir "un plan clair" pour mettre fin à cette situation et a annoncé l'envoi d'émissaires dans les villes concernées.

Le président par intérim, Olexander Tourtchinov, a accusé Moscou d'avoir lancé une "seconde phase" de démantèlement de l'Ukraine, après l'annexion de la Crimée.

Les ennemis de Kiev "rejouent le scénario criméen", a-t-il dit dans un message télévisé. "Nous ne permettrons pas cela", a-t-il ajouté, et "des actions antiterroristes seront conduites contre ceux qui ont pris les armes".

UN SOLDAT UKRAINIEN TUÉ EN CRIMÉE

A Kharkiv, les forces de l'ordre sont parvenues à disperser les manifestants mais à Louhansk, où neuf personnes ont été blessées dans les affrontements, les militants pro-russes se sont emparés d'armes qui se trouvaient dans les bureaux de la Sécurité d'Etat.

A Vienne, la Russie n'a pas participé à une réunion de l'OSCE consacrée à l'Ukraine.

L'ambassadeur des Etats-Unis auprès de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe, Daniel Baer, a rappelé que des dizaines de milliers de soldats russes étaient massés aux frontières de l'Ukraine et il a invité Moscou a prendre des mesures de "désescalade".

Le gouvernement allemand s'est dit "très inquiet" face à ces événements et les Etats-Unis ont annoncé qu'ils allaient envoyer ce mois-ci des chasseurs F-16 participer à des manoeuvres en Roumanie

En Crimée, un soldat russe a abattu un officier de la marine ukrainienne. L'incident s'est produit lors d'une altercation avec des militaires russes au moment où l'officier ukrainien préparait ses affaires pour retourner dans la région de Mykolaev.

(Avec Thomas Grove, Natalia Zinets et Pavel Polityuk à Kiev; Pierre Sérisier, Jean-Stéphane Brosse et Guy Kerivel pour le service français)

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  • M8444634 le lundi 7 avr 2014 à 16:57

    Ianoukovitch était (est toujours) le président légitime de l'Ukraine. Ce n'est pas parce que sa popularité était voisine de celle de Hollande qu'un putsch se justifiait, ni même le fait qu'il soit à la tête d'une clique corrompue. Car avec nos Cahuzac, Guérini, Dalongeville et cie, nous n'avons pas de quoi pavoiser. L'Union Européenne se bat-elle pour la démocratie ou pour autre chose ? Son cynisme dans l'ingérence est déconcertant.