L'AG d'Exxon, un test pour les actionnaires engagés sur le climat

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L'assemblée générale du géant pétrolier Exxon, programmée le 25 mai à Dallas au Texas, est un rendez-vous incontournable des investisseurs engagés dans la cause climatique. Plus de 1000 d’entre eux demandent à la compagnie pétrolière de réaliser un stress-test climat, pour évaluer les risques financiers qui pèsent sur son modèle économique. Une résolution d’actionnaires à laquelle les dirigeants du groupe sont farouchement opposés.

A quelques jours de l’assemblée générale d’Exxon, les investisseurs responsables qui se sont engagés dans un bras de fer sur le climat avec le groupe pétrolier font monter la pression. "L’objectif de maintenir le réchauffement climatique en dessous de deux degrés oblige le secteur de l’énergie à se transformer en profondeur", explique Anne Simpson, directrice des investissements de CalPERS.

 

Limiter le risque financier

 

Le plus grand fonds de pension américain détient 13 millions d’actions d’Exxon, pour une valeur d’environ un milliard de dollars ! "Nous devons vérifier que nous sommes actionnaires d’entreprises qui mettent sérieusement en oeuvre la transition nécessaire pour limiter notre risque de perdre beaucoup d’argent à moyen /long terme." C’est ainsi que CalPERS et plus de 1000 investisseurs institutionnels, dont les sociétés de gestion françaises Amundi, AXA IM, BNP IP, Natixis AM, ont décidé de soutenir la résolution exigeant d’Exxon un stress test climatique. Portée par l’organisation CERES, elle bénéficie du soutien des deux principales agences de conseil de vote américaines : ISS et Glass Lewis.

Cette résolution n’est pas la seule dédiée au climat. Le groupe pétrolier américain en a huit autres à l'ordre du jour de son assemblée générale. Elles lui demandent de nommer un expert climat dans son conseil d’administration, de définir une stratégie 2 degrés ou encore d’arrêter la fracturation hydraulique.

Mais ces dernières n’attirent pas autant de soutien que la demande phare, qui exige un reporting sur l’évaluation des risques financiers qui menacent la valeur des ressources et réserves pétrolières détenues par Exxon. Le groupe a, dans un premier temps, bataillé auprès de l’autorité des marchés financiers américains, la SEC, pour tenter d’empêcher le dépôt de cette résolution. Quand la SEC lui a opposé une fin de non-recevoir, il a appelé ses actionnaires à voter contre la résolution "mesure du risque carbone" estimant qu’il "avait mis en place les procédures nécessaires pour créer de la valeur actionnariale à long terme." 

En réalité, il est attaqué sur tous les fronts dans le domaine du climat.

 

Exxon critiqué de toutes parts

 

Exxon fait l’objet d’investigations judiciaires parce qu’il est accusé d’avoir volontairement caché, au public et à ses actionnaires, les risques du réchauffement climatique. Il est aussi l’une des cibles privilégiées du mouvement de désinvestissement des énergies fossiles. La Fondation Rockfeller a, par exemple, annoncé en mars qu’elle vendait toutes ses actions d’Exxon pour symboliser son engagement sur le climat.

Le résultat du vote de l’assemblée générale est crucial pour tous ceux qui espèrent que les grandes entreprises adoptent progressivement des stratégies alignant leur business model sur l’objectif de deux degrés maximum de réchauffement climatique. Un soutien massif à la résolution enverrait un signal fort, susceptible de faire basculer l’ensemble du secteur pétrolier dans la transition énergétique et de créer un effet de contagion auprès des autres secteurs. 

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