L'Afrique a besoin de stabilité et d'emplois, dit Barack Obama

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* Discours du président américain au siège de l'Union africaine * Aucun de ses prédécesseurs n'y avait pris la parole * Il a fait allusion au Burundi * L'Afrique devra créer des millions d'emplois, selon lui par Jeff Mason et Aaron Masho ADDIS ABEBA, 28 juillet (Reuters) - Barack Obama a affirmé mardi, lors d'un discours au siège de l'Union africaine à Addis-Abeba, en Ethiopie, que la stabilité du continent devait passer par le respect des règles du jeu démocratique et par des créations massives d'emplois. A l'occasion de cette intervention, épilogue d'une tournée au Kenya -- pays de naissance de son père -- et en Ethiopie, il a pris l'exemple récent du Burundi pour souligner les dangers que représente à ses yeux toute entorse aux principes constitutionnels. "Lorsqu'un dirigeant tente de changer les règles du jeu au milieu de la partie dans le seul but de rester au pouvoir, il prend le risque de créer de l'instabilité et de faire naître un conflit, comme on a pu le voir au Burundi", a-t-il déclaré. Le Burundi traverse une grave crise politique depuis que le président Pierre Nkurunziza a annoncé en avril qu'il briguait un troisième mandat à l'occasion d'un scrutin qu'il a remporté la semaine dernière (voir ID:nL5N1043N2 ). Washington a jugé peu crédible l'issue de ces élections. Barack Obama, premier président américain en exercice à prendre la parole au siège de l'Union africaine, a insisté sur le fait que les dirigeants doivent respecter la limite des mandats qu'impose la Constitution de leur pays. "J'ai hâte de mener ma vie après ma présidence", a-t-il dit. "Je ne comprends pas pourquoi des gens veulent rester si longtemps au pouvoir, en particulier lorsqu'ils ont beaucoup d'argent", a ajouté le président américain, qui a déclenché à cette occasion des rires dans la salle. Lors de son discours, il a également été question du Soudan du Sud, un pays né en 2011 de la partition du Soudan et miné depuis cette date par les conflits entre factions rivales, et de la République centrafricaine, où doivent avoir lieu des élections cette années. "Les progrès de l'Afrique dépendront aussi de la démocratie", a déclaré Barack Obama. "DES MILLIONS D'EMPLOIS SUPPLÉMENTAIRES" Le chef d'Etat américain a aussi évoqué le dynamisme économique de l'Afrique qui, selon lui, balaie les "vieux stéréotypes" d'un continent où les guerres et les famines font rage. D'après lui, "l'Afrique avance et la nouvelle Afrique est en train d'émerger". Pour autant, les pays africains sont confrontés à une "tâche urgente" compte tenu de la croissance de sa population -- elle devrait doubler pour atteindre les deux milliards d'habitants dans les décennies à venir. "L'Afrique va devoir créer des millions d'emplois supplémentaires, beaucoup plus qu'elle ne le fait aujourd'hui", selon le président américain. "Il suffit de regarder la situation au Moyen-Orient et en Afrique du Nord pour s'apercevoir que l'instabilité et les troubles peuvent être alimentés par le fait qu'un grand nombre de jeunes sont au chômage et ne peuvent pas s'exprimer", a-t-il ajouté. Comme il l'avait déjà fait au cours de sa tournée, Barack Obama a proposé de nouer un partenariat plus étroit avec le continent, où les Etats-Unis ont cédé leur rang de premier partenaire commercial à la Chine en 2009. Le président américain a d'ailleurs fait une allusion transparente à la deuxième puissance économique du monde, sans toutefois la nommer. Un partenariat, a-t-il dit, "ne peut consister seulement à construire des infrastructures avec de la main-d'oeuvre étrangère ou à extraire les ressources naturelles de l'Afrique". Ces dernières années, la Chine a pris pied sur le continent et joué les maîtres d'oeuvre dans la construction de nombreux grands projets, comme le nouveau métro d'Addis-Abeba. La question est de plus en plus sensible en Afrique, où des voix dénoncent un partenariat à sens unique: selon elles, la Chine se contente d'exporter sa main-d'oeuvre et d'exploiter les matières premières du continent, sans réellement contribuer au développement de l'économie. (Simon Carraud pour le service français, édité par Henri-Pierre André)

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