L'Afghanistan cherche à s'assurer quatre années de financement

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    par Robin Emmott et James Mackenzie 
    BRUXELLES/KABOUL, 4 octobre (Reuters) - Quelque 70 pays, 
parmi lesquels les Etats-Unis, la Russie et la Chine, se sont 
réunis pour deux jours mardi à Bruxelles sous l'égide de l'Union 
européenne pour tenter de réunir des fonds pour l'Afghanistan 
qui reste en proie à une grande instabilité. 
    Quinze ans après l'offensive menée par les Etats-Unis dans 
le pays pour en chasser les taliban dans la foulée des attentats 
du 11 septembre 2001 contre New York et Washington, 
l'Afghanistan doit toujours lutter contre les islamistes et 
reste dépendant de l'aide internationale. 
    L'objectif de la conférence est de parvenir à des promesses 
de dons d'un montant de trois milliards de dollars (2,7 
milliards d'euros) par an pour la période 2017-2020. 
    La précédente conférence à Tokyo en 2012 avait permis de 
lever quatre milliards de dollars par an. 
    Il s'agit de permettre à l'Afghanistan de tenir quatre 
années supplémentaires, a expliqué le représentant spécial de 
l'UE pour l'Afghanistan, Franz-Michael Mellbin. 
    Pour l'Europe, un Afghanistan prospère signifierait moins de 
réfugiés sur son sol et la fin de son statut de sanctuaire des 
groupes islamistes hostiles à l'Occident.  
    En marge de cette conférence, la Haute Représentante de 
l'Union européenne pour les affaires étrangères et la politique 
de sécurité, Federica Mogherini, s'attachera peut-être aussi à 
promouvoir la paix dans le pays en cherchant à trouver un 
terrain d'entente commun entre la Chine, l'Iran, la Russie, les 
Etats-Unis, le Pakistan et l'Inde. Ce serait la première 
tentative de ce genre depuis 2013. 
    L'Afghanistan reste l'un de pays les plus dangereux au 
monde. Environ 1,2 million d'Afghans sont contraints de vivre 
comme des réfugiés dans leur pays, tandis que trois millions 
vivent en Iran ou au Pakistan ou ont demandé l'asile en Europe. 
    Le secrétaire d'Etat américain John Kerry a eu une réunion 
avec le président afghan Ashraf Ghani mardi à Bruxelles. Lundi, 
les taliban sont brièvement entrés dans le centre de Kunduz, 
grande ville du nord de l'Afghanistan.   
    Malgré les milliards de dollars dépensés par les Etats-Unis 
et l'Otan pour former et équiper les forces de l'ordre afghanes, 
30% de la population afghane vit dans des zones que le 
gouvernement ne contrôle pas totalement, expliquent des 
responsables occidentaux. 
 
 (Avec David Brunnstrom à Washington; Danielle Rouquié pour le 
service français) 
 
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