L'afflux de réfugiés n'aura pas de conséquences fiscales-Merkel

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(Précisions, entretien téléphonique Merkel-Orban) BERLIN, 5 septembre (Reuters) - L'Allemagne peut faire face à l'afflux sans précédent de réfugiés prévu cette année sur son territoire sans alourdir la fiscalité ni mettre en péril l'équilibre budgétaire, a assuré samedi la chancelière Angela Merkel. La confortable situation budgétaire facilite ces "tâches inattendues", dit-elle dans son podcast hebdomadaire. "On ne peut pas dire qu'à cause de la mission délicate qui nous incombe désormais l'équilibre budgétaire ou le problème de la dette n'ont plus d'importance", poursuit-t-elle. Dans un entretien accordé à la presse locale, elle ajoute que la crise des migrants ne donnera lieu à aucune hausse d'impôts. La hausse des recettes de l'impôt sur le revenu et la vente de fréquences aux opérateurs de téléphonie mobile devraient permettre à l'Allemagne de dégager jusqu'à cinq milliards d'euros supplémentaires, a dit fin juin l'agence allemande de gestion de la dette publique. Plus de 100.000 demandes d'asile ont été déposées au cours du mois d'août en Allemagne et quelque 800.000 réfugiés et migrants sont attendus en 2015 dans le pays, quatre fois plus que l'an dernier. En marge de la réunion du G20 à Ankara, le ministre allemand des Finances, Wolfgang Schäuble, a déclaré samedi que Berlin calculait encore le coût de l'accueil des migrants. Selon le Frankfurter Allgemeine Sonntagszeitung, ce coût pourrait s'établir pour le gouvernement fédéral, les Länder et les municipalités à environ 10 milliards d'euros, contre 2,4 milliards en 2014. La chancelière allemande a eu dans la journée un entretien téléphonique avec le Premier ministre hongrois Viktor Orban. Les deux dirigeants sont convenus que le transfert en autocar des migrants de Hongrie vers l'Autriche, comme cela s'est produit vendredi soir et samedi matin, n'était qu'une mesure temporaire prise pour des raisons humanitaires. La coalition gouvernementale allemande devrait se mettre d'accord dimanche sur une série de mesures pour faire face à la crise migratoire. Il s'agirait notamment d'accélérer les procédures sur le droit d'asile et la construction de centres d'accueil et d'augmenter les subventions fédérales accordées aux Länder et aux municipalités. Selon le magazine Der Spiegel, l'Allemagne a expulsé cette année plus de 10.000 migrants qui n'avaient pas été autorisés à rester sur le territoire allemand. Nombre d'entre eux venaient de pays des Balkans comme la Serbie et la Macédoine. Le directeur de l'agence fédérale pour les migrations et les réfugiés, Manfred Schmidt, a précisé à l'hebdomadaire que plus de 75.000 demandes d'asile déposées par des migrants venant de l'ouest des Balkans seraient examinées d'ici la fin de l'année et seraient probablement pour la plupart rejetées. (Michael Nienaber avec Hans-Edzard Busemann; Jean-Philippe Lefief et Guy Kerivel pour le service français)

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