L'afflux de migrants se poursuit en Macédoine, grogne en Hongrie

le
2

par Stephanie Nebehay et Marton Dunai GENEVE/ROSZKE, Hongrie, 25 août (Reuters) - L'afflux de migrants entrant en Macédoine à partir de la Grèce devrait se poursuivre au rythme de 3.000 personnes par jour dans les prochains mois, estime l'agence de l'Onu pour les réfugiés (HCR) alors que les Européens peinent à s'entendre sur une "répartition équitable" de ces populations sur leurs territoires. Près de 300.000 réfugiés ou demandeurs d'asile ont franchi la Méditerranée depuis le début de l'année à destination de l'Europe, fuyant les conflits au Proche-Orient et en Afrique mais aussi en Asie. Environ 181.500 ont rejoint l'Union européenne en gagnant les côtes grecques et 108.500 en atteignant l'Italie, selon les chiffres du HCR. L'objectif pour tous est de rejoindre l'espace Schengen en accédant à la Hongrie après une traversée de la Macédoine puis de la Serbie, une situation qui accentue les tensions dans ces pays. Quelque 10.000 réfugiés, dont un tiers de femmes et d'enfants, sont entrés sur le territoire macédonien au cours du week-end, les autorités de cet Etat des Balkans ayant admis être submergées par l'afflux des populations. "Ils se présentent par groupes de 300 ou 400 et voyagent à bord de trains ou d'autocars à destination de la Serbie. Nous prévoyons que cet afflux sur cette voie de transit continue au rythme de 3.000 personnes par jour", a dit Melissa Fleming, porte-parole du Haut commissariat pour les réfugiés. "Nous ne prévoyons pas que ce flux de personnes va se tarir dans les prochains mois tant qu'il y aura du beau temps et que les gens seront en mesure de franchir la Méditerranée", a-t-elle ajouté. Depuis le début de l'année, 2.373 migrants ont péri en mer, soit 300 de plus que sur la même période en 2014, a précisé Joel Millman, de l'Organisation internationale pour la migration (OIM). Les violences en Irak et "la dégradation des conditions" de vie des réfugiés syriens en Turquie, en Jordanie et au Liban incitent les migrants à tenter leur chance vers l'Europe, a ajouté Joel Millman. BUDAPEST DEMANDE UNE AIDE ACCRUE La situation alimente les tensions entre Etats membres de l'Union européenne: la Hongrie, qui a entamé la construction d'une barrière sur les 175 km de sa frontière sud avec la Serbie, reproche à ses partenaires de ne pas faire assez pour l'aider. Janos Lazar, chef de cabinet du Premier ministre hongrois Viktor Orban, estime que l'UE doit augmenter sa contribution financière à la Hongrie pour lui permettre de gérer ces arrivées de migrants. La Commission européenne a promis le déblocage de huit millions d'euros, un montant jugé insuffisant par Janos Lazar qui estime que l'EU "distribue les fonds de protection des frontières d'une manière humiliante". "Si nous ne prenons pas des mesures significatives, nous allons devenir un canot de sauvetage sombrant sous le poids de ceux qui ont embarqué dedans", a-t-il ajouté. L'afflux de migrants, a-t-il expliqué, accroît les risques d'actes terroristes, de criminalité et de chômage. Lundi, le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker a appelé les gouvernements de l'UE à éviter les chamailleries et "les reproches" pour se consacrer à la mise en oeuvre de mesures durables. La Hongrie est une étape décisive dans le périple des migrants car elle est le premier pays de l'espace Schengen, donc la dernière frontière à franchir avant de parvenir dans les pays d'Europe occidentale. La construction d'une barrière par les autorités hongroises a, semble-t-il, accéléré l'afflux d'arrivants qui redoutent qu'une fois celle-ci érigée, il deviendra difficile d'entrer dans l'espace Schengen. "Nous pouvons survivre n'importe où", a commenté Hassan, ingénieur en informatique de 30 ans originaire de Syrie après être entré en Hongrie. "Nous ne venons pas en Europe juste pour manger et dormir. Il vaut mieux traverser toute l'Europe à pied que de rester en Syrie", a-t-il ajouté. La Commission européenne a clairement exprimé son désaccord avec la décision de la Hongrie d'ériger une barrière mais aucune sanction ne sera prise à l'encontre de Budapest. Inquiète également, la Bulgarie a annoncé qu'elle renforçait ses contrôles avec des troupes militaires à sa frontière avec la Macédoine. (Pierre Sérisier pour le service français, édité par Tangi Salaün)

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
  • M1531771 le mardi 25 aout 2015 à 15:58

    Ne croyez pas qu'ils viennent en Europe pour s'intégrer... Vous allez voir comme cal va vite dégénérer et comme ils vont nous imposer leur vision des choses et leur mode de vie !

  • M1531771 le mardi 25 aout 2015 à 15:56

    Le début de la 3° guerre mondiale se trame....!