L'affaire Bettencourt à nouveau devant la justice

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QUATRE PRÉVENUS EN APPEL DANS L'AFFAIRE BETTENCOURT
QUATRE PRÉVENUS EN APPEL DANS L'AFFAIRE BETTENCOURT

BORDEAUX (Reuters) - Quatre des huit condamnés pour abus de faiblesse dont aurait été victime l'héritière de L'Oréal Liliane Bettencourt reviennent devant la cour d'appel de Bordeaux à partir de mardi, un an après la fin de leur procès en première instance.

Le photographe et confident de la milliardaire, François-Marie Banier, avait été le plus lourdement condamné pour abus de faiblesse et blanchiment à trois ans de prison dont six mois avec sursis, 350.000 euros d'amende, au versement de 158 millions d'euros de dédommagements sur le plan civil, et à la confiscation de deux immeubles saisis durant la procédure.

Son compagnon Martin d'Orgeval, condamné à 18 mois de prison avec sursis et 150.000 euros d'amende pour avoir bénéficié de libéralités, revient aussi dans le prétoire, tout comme l'avocat Pascal Wilhelm, condamné à 30 mois de prison dont un an avec sursis et 250.000 euros d'amende, pour avoir accompli des actes de gestion de patrimoine préjudiciables à Liliane Bettencourt.

Le notaire Patrice Bonduelle, condamné pour complicité d'abus de faiblesse de la milliardaire qui souffre officiellement de démence à une peine de prison avec sursis de 6 mois assortie d'une amende de 80.000 euros, comparaît aussi.

L'ancien gestionnaire de fortune de Liliane Bettencourt, Patrice de Maistre, le seul à avoir effectué trois mois de détention provisoire, avait été condamné à trois ans de prison dont un an avec sursis et 250.000 euros d'amende.

Il a renoncé à faire appel après avoir trouvé un accord transactionnel avec le tuteur de la milliardaire, sa fille Françoise Bettencourt-Meyers et sa famille.

Un septième condamné avait fait appel mais il est décédé depuis. Il s'agit de Carlos Cassina Vejarano, ex-gestionnaire de l'île des Bettencourt dans les Seychelles.

L'EX-COMPTABLE SOUPÇONNÉE DE FAUX TÉMOIGNAGE

Reconnu coupable en première instance, l'homme d'affaires Stéphane Courbit, condamné à 250.00 euros d'amende pour abus de faiblesse, n'a pas interjeté appel et a conclu un accord avec la famille Bettencourt s'engageant à rembourser les 140 millions d'euros investis par la milliardaire dans ses affaires.

L'ex-ministre UMP Eric Woerth, poursuivi pour recel, avait été relaxé, tout comme le sera quelques mois plus tard l'infirmier de la milliardaire, Alain Thurin, jugé séparément après avoir tenté de mettre fin à ses jours.

L'acte d'accusation repose en partie sur les déclarations de l'ex-comptable de Liliane Bettencourt, Claire Thibout, qui a été depuis été mise en examen à Paris pour faux témoignage.

Le juge parisien Roger Le Loire soupçonne notamment Claire Thibout d'avoir menti en échange d'un versement de 400.000 euros d'indemnités et d'un prêt de 300.000 euros de la part de Françoise Bettencourt-Meyers, qui avait déposé la première plainte pour abus de faiblesse en 2007.

La fille de la milliardaire a même été convoquée récemment par le juge mais a refusé de s'y rendre.

Le parquet de Bordeaux a fait appel des relaxes générales dans le dossier des enregistrements clandestins des conversations au domicile de la milliardaire sur lesquels une partie importante des accusations étaient fondées.

L'auteur des enregistrements, l'ex-majordome de Liliane Bettencourt, et les cinq journalistes qui en avaient diffusé des extraits ont bénéficié de cette relaxe.

Il a également fait appel de la relaxe de la juge Isabelle Prévost-Desprez, qui était poursuivie pour "violation du secret de l'instruction".

(Claude Canellas, édité par Yves Clarisse)

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